Mère poule, parent hélicoptère, parent tout court!

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On a tous tendance à vouloir catégoriser les parents… En particulier les mères. Par exemple, si je vous demandais à quel profil de mère je corresponds? Que seriez-vous tenté de répondre?

a) la maman calineuse-colleuse-un-peu-fatigante-toujours-présente?

b) la maman indépendante (mais prête à tout pour ses enfants)?

Choix difficile, n’est-ce pas? Je suis plutôt de type a), mais ça ne veut pas dire que je suis TOUJOURS derrière mon enfant pour l’accompagner dans ses moindres faits et gestes. J’ai bien eu ma phase un peu parano quand elle était bébé, mais, comme mon chéri m’a gentiment remis “dans le droit chemin”…

Par ailleurs, en tant que travailleuse autonome, je gère mon horaire un peu comme je l’entends. Je dis bien “un peu”, car j’ai quand même un certain calendrier éditorial à suivre pour que le tout puisse rouler rondement. Et j’ai un petit côté perfectionniste énervant quand il est question de mon job, de ma passion, de ma folie  pas du tout passagère. Ou toutes ces options. 😉

Aussi, j’ai fait le choix de garder ma puce avec moi une à deux journées par semaine à la maison, même si elle s’amuse comme une petite folle à sa garderie. Voilà. C’est dit! C’est fou, mais, parfois, il m’arrive d’avoir peur d’être jugée en choisissant de “sacrifier” ces journées de boulot pour passer du temps avec ma belle quatre ans d’amour.

Certaines craignent d’être de mauvaises mères parce qu’elles passent beaucoup de temps au travail alors que moi, j’ai parfois tendance à croire que je suis une “mauvaise femme” parce que je choisis de travailler à temps partiel, d’être moins productive et de ne pas tirer le plein potentiel de ma semaine de travail. Oui, j’ai parfois des trucs à terminer passé le fameux 9 à 5. Tout cela dans le but de palier à mes désirs de “présence enfant”. Non, je n’y arrive pas toujours sans avoir une bonne dose de “broue dans le toupet”! Comme tout le monde, en fait.

Tout cela pour dire que, comme je partage des moments de qualité en tête à tête avec ma fille (que je bloque volontairement dans ma semaine), lorsqu’on sort au parc, dans un centre récréatif ou dans un café “ami des enfants” avec aire de jeux intérieure, je ne suis pas de ces mères qui s’assoient systématiquement à côté de leurs minis ou qui demeurent tout près au cas où… Oui, quand il y a un certain risque de chute ou autre. Non pour tout le reste. Et pour celles qui le font : c’est bien correct aussi puisqu’on a toutes besoin de faire le plein de nos bébés quand on en a la chance…

Je “joue” beaucoup avec mon enfant à la maison même si j’essaie aussi de lui laisser du temps à elle pour qu’elle exerce sa créativité (son “système D”, comme disent mes parents). Alors, quand elle a des copains avec elle (que ce soit des amitiés improvisées ou des petits habitués), je me retire!

Je passe donc souvent pour la mère “qui s’en fout” alors qu’au fond, j’essaie de lui laisser de l’air parce que je me sais plutôt présente en général. Et elle ne réclame pas ma présence non plus! Je la comprends, parce que vous savez, les amis, c’est du sérieux et maman est vite reléguée au rand des poufs de salon ou des bibelots d’apparat dans pareille situation.

Oui, mais, je fais quoi alors? Bien, je reste un peu à l’écart. Au parc, mis à part pousser la balançoire, je la laisse gambader avec les autres loulous et je ponctue ses prouesses à coup de bravo! bien sentis (ou pas). Je mange ses gâteaux au gazon simplement si elle me les apporte. Je remplis mes poches de cadeaux cailloux-bibittes-pissenlits juste si elle a un soudain élan de générosité envers la pauvre adulte inintéressante-momentanée que je deviens.

Si on est dans un café? Je prends un café! Et je m’assois le parent sur le canapé à proximité pour être témoin des petites chicanes et demeurer disponible. Même chose quand des amis viennent à la maison avec leur progéniture. Je lui laisse ses amis pour elle toute seule et je garde les miens :).

Je ne crois pas que ce soit la seule façon de faire pour favoriser l’autonomie et les élans créatifs de nos cocos, mais, du moins, c’est la mienne. C’est celle qui nous convient à toutes les deux et c’est comme ça que nous avons atteint notre équilibre.

Maintenant qu’elle est “grande”, je ne mets pas (ou plus) dans tous mes états aux moindres petits bobos. Même chose s’il y a quelques accrochages ou des frictions dans les échanges entre minis. J’essaie de voir ce qu’elle va trouver comme solution pour se tirer d’affaire. Évidemment, il m’arrive de faire une intervention quand je vois que tout cela ne mène nulle part, mais j’essaie le plus possible que ça vienne d’elle. Je me broie parfois le cœur de guimauve durant les 10 premières secondes d’un conflit, mais j’essaie de lui laisser le champ libre pour qu’elle puisse s’affirmer. Non sans peine.

Mais ça n’a pas toujours été le cas. J’ai travaillé fort sur moi-même, j’ai lu, j’ai jasé avec d’autres parents… Probablement que ce sera d’emblée différent avec fiston. Pas parce que ce sera un garçon, non. Simplement parce que j’ai évolué et que je me fais maintenant plus confiance comme parent.

Et j’ai aussi davantage confiance en mes enfants.

Demain, Naissance Renaissance Estrie se prononce. Jacinthe nous donnera une foule de trucs pour laisser notre petiot faire ses propres expériences, même tout-petit, tout-petit!

Pascale Clavel

Pascale est la maman de « Princesse-Petit-Chat» (4 ans) et de "Bébé-P'tit-Loup-d'Amour". Avant d'être leur maman, elle était enseignante de français et de littérature, mais elle a aussi eu de précieux moments avec les plus petits, à l'école primaire. Les mots et elle, c'est une grande histoire d'amour qui a officiellement pris son envol sur les bancs de l'Université de Montréal, en création littéraire...

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2 réflexions sur “Mère poule, parent hélicoptère, parent tout court!

  1. Mamie Danielle dit :

    Je pense que l’idéal est un mélange des deux, a) et b) !, tant pour les enfants que pour les parents. Selon notre humeur, notre énergie du moment, notre besoin de solitude, de vie de couple, familiale, sociale et professionnelle, notre besoin d’être en présence de nos enfants pour les voir vivre. Et que ça varie au fil des années. Richard Martineau disait quelque chose comme ceci qui m’avait touchée : Les parents vivent un dilemme épouvantable : le désir de toujours être en présence de nos enfants, même adultes, et la nécessité de les laisser voler de leurs propres ailes et d’explorer ce vaste terrain de jeu qu’est le monde, quitte à se faire quelques bobos au passage.

    • Pascale Clavel dit :

      Oui, il faut aussi être à l’écoute de soi pour être bien avec ses enfants ET avec soi-même. Une mère heureuse, c’est ça qu’on veut tous, au fond…

Les commentaires sont fermés.