Je te juge, tu me juges, nous nous jugeons…

Il me semble que, être parent au grand jour, c’est devenu compliqué! Ce que je veux dire, c’est qu’on est les premiers à s’indigner quand les autres portent des jugements sur la façon dont on intervient avec nos enfants, mais, en fait, on n’est pas toujours hyper compréhensifs non plus!

Pourquoi est-ce qu’on juge si vite? Pourquoi on n’est pas plus indulgents avec nos amis parents? La maternité (et la paternité) rapproche, oui. On se félicite, on s’encourage, mais… on n’y va pas de main morte quand vient le temps de passer une critique lapidaire (que ce soit bien cachés sous le voile de nos pensées ou le plus ouvertement du monde!).

Alors on fait quoi? On se doit quoi comme personnes civilisées qui vivent à peu près la même réalité?

J’ai mon petit feeling là-dessus…

  1. Si je me fie à mon petit moi-même, bien, je m’aperçois que mes jugements hâtifs sont le reflet de mes peurs à moi, de ma propre culpabilité!

Par exemple, si on se demande si nos enfants mangent assez de cru, de vert, de frais, de non-transformé-usiné-shooté-aux-hormones-arrosé-d’anti-bibittes et qu’on se sent coupables d’avoir mis au four une pizza congelée pour le souper de la veille, bien, il y a de fortes chances que l’on ouvre grand les yeux d’indignation devant une amie qui permet à son petit dernier de manger des croquettes de poulet frites, frites et refrites ou de tartiner ses toasts de nutella le matin!

2. On vit aussi à l’ère de la super-maman, reine du foyer version moderne. On la voit partout sur Internet (blogues, Instagram, Pinterest…) et elle ne cesse de nous éblouir avec son aura de perfection… Tellement que, parfois, on a une p’tite envie de l’envoyer balader, le temps d’une pause mentale bien méritée. Des filles “ordinaires” deviennent maintenant de véritables stars de la déco, de l’art de la table, de la mode… Elles créent leur propre marque, s’affichent dans des décors idylliques qui font baver d’envie… On peut maintenant se positionner soi-même au rang de chroniqueuse, animatrice, critique de livres, conseillère de mode, etc. (et je sais de quoi je parle, vous vous en doutez bien!). Et pourquoi pas?

À lire, si le coeur vous en dit : Le retour de la fée du logis? Pas chez moi, en tout cas!

Cette vision de la maternité qui mise sur la performance n’aide en rien les relations qu’on entretient avec les autres dans la “vraie” vie! Et que je me compare par ci, et que je (me) critique par là! Tout pour se rassurer soi-même, pour se prouver qu’on en fait assez et légitimer, du même coup, notre droit d’être faillibles, humaines, quoi!

3. Aussi, dans le contexte actuel où tout nous est accessible, on croule littéralement sous les informations comme parents! Il n’a jamais été aussi facile de s’informer sur notre rôle parental, sur les nouvelles techniques éducatives, sur les recherches récentes… Tellement, que, on s’y perd! Et avec ce sentiment de flou, d’abondance déroutante, vient le réflexe de s’accrocher fermement à ce qu’on a mis tant de mal à trouver et à comprendre! Question de calmer  nos p’tites angoisses, encore une fois…

“Fiou, elle a tout faux! Une chance que je fais la bonne affaire, moi! Chus correct! Une chance que j’ai lu ça!”

Best Animations

Marianne Prairie a d’ailleurs  déjà abordé ce sujet dans Châtelaine alors qu’elle réagissait à l’article The Collapse of Parenting: How We Hurt Our Kids When We Treat Them Like Grown-Ups. J’avais d’ailleurs moi aussi réagi à ce même article en me positionnant comme parent, comme enseignante…

J’étais certaine de mes valeurs, de ce que j’avais appris sur les interventions éducatives au fil de mes lectures, de mon expérience auprès des tout-petits…

Mais, le brassage des principes en éducation, ça ne s’arrête jamais! (Et tant mieux!) Un article de Sylvie Galipeau dans la Presse m’a d’ailleurs fait sérieusement douter de ma propre approche parentale du moment! Je vous en fais une tite-synthèse pour les besoins de la cause!

En résumé, elle nous parle du nouveau bouquin d’Heather Shumaker, une mère de famille américaine et auteure connue, qui jette par terre de grands principes  éducatifs que l’on croyait plein de bon sens! Elle appuie ses dires sur plusieurs recherches et, force est d’admettre que, ce qu’elle avance, bien, ce n’est pas si fou que ça!

Par exemple, elle affirme qu’on doit laisser les enfants prendre des “risques calculés”. Monter à l’envers dans la glissoire, couper des légumes avec un couteau tranchant (misère, juste d’y penser mon p’tit coeur de maman-poule-louve-lionne-name-it commence à saigner en silence…), jouer dehors sans la surveillance omniprésente des parents…

Ouep. Il est clair que je me sens un peu beaucoup visée…

Pourquoi on devrait “laisser du lousse” à nos trésors? Selon Heather Shumaker,  tout simplement parce que ce serait comme ça qu’ils apprennent à se dépasser, à avoir confiance en eux. Qu’ils apprennent, point!

Elle s’oppose d’ailleurs au fait d’interdire systématiquement aux enfants de parler aux étrangers! Mais ça, on y reviendra!

Mais que faire quand nos principes fondamentaux son ébranlés devant une scène qui nous soulève le poil de l’épiderme tellement ça coince par en dedans? Comment résister à la tentation d’intervenir avec l’enfant d’un autre? Parce que, inévitablement, le jugement, ça entraîne ce genre de trucs et… bonjour le malaise!

Qui n’a pas vécu, ne serait-ce qu’une seule fois, la pénible expérience de devoir affronter ce genre de situation avec une amie de longue date? C’est plate, mais, comme avec un nouveau chum (ou blonde) qu’on a du mal à voir en peinture, bien, les enfants de nos amis peuvent parfois déclencher une guéguerre qui n’a de fin qu’après plusieurs mois de mutisme … Ou même sonner le glas de la relation amicale qui allait si bien. Jusqu’à maintenant.

Cela me fait trop penser à mes cours en éducation où l’on nous apprenait à nous adresser aux parents avec respect, tact et délicatesse (eh non, c’est pas toujours évident!). À leur parler de leurs enfants sans qu’ils se sentent attaqués ou persécutés, voire jugés ou trop lourdement remis en question dans leurs capacités de faire de leur mieux pour eux.

Je me souviens d’un exemple facile à mettre en pratique : celui d’aborder les points positifs concernant le p’tit loup AVANT de parler de ce qui va moins bien. De parler de défis plutôt que de problèmes… Ce sont de petites choses qui font toute la différence!

Et maintenant que je suis parent, je suis encore plus sensible à ces  règles de base lorsque que je m’adresse aux autres, mais aussi lorsqu’on me parle de ma cocotte à moi…

Et toi, Elyse, as-tu d’autres trucs pour éviter que la tension monte inutilement, que le presto saute pour un p’tit mot de trop, un commentaire intrusif qui aurait mieux fait de rester chez eux?

L’été est à nos portes, et, avec lui, son lot de réunions de famille autour de la piscine, de soirées de camping et de feu de camp avec les voisins, de barbecues improvisés entre collègues qu’on ne connait pas tant que ça au fond… Si on peut s’éviter des p’tits drames inutiles, il me semble que ce serait bien, non? Surtout lorsqu’on est en vacances!

Je vous laisse avec une vidéo trooop chouette d’André Sauvé! Une petite minute et demie bien investie!

Pascale Clavel

Détentrice d'un B.A.C.C. en enseignement et d'une maîtrise en littérature française, Pascale Clavel, une fois devenue la maman de Chacha (5 ans) et Loulou (1 an), a fondé ce blogue afin de concilier ses deux plus grandes passions : célébrer le monde de l'enfance à travers les mots...

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