La charge mentale

2017-02-03 12.15.01-1

Aujourd’hui, j’étais censée vous parler de ma fille d’amour qui est devenue grande d’un seul coup… Ou encore vous raconter une autre histoire de bébé et de bedaine…

Mais je préfère plutôt prendre le taureau par les cornes et aborder un sujet d’actualité que je trouve assez délicat merci : la fameuse charge mentale dans le couple. Si vous n’avez pas vu cette fameuse BD de l’artiste française Emma sur votre fil Facebook (et qui vulgarise vraiment bien le concept), prenez un petit cinq minutes pour la lire, ça vaut le coup!

En gros, la charge mentale, c’est tout ce à quoi les femmes (en général) doivent penser pour que les tâches domestiques soient faites adéquatement et rondement dans la maison.

Je dis les femmes en général, puisque, encore aujourd’hui, ce sont elles qui sont considérées comme étant “en charge” des tâches ménagères et des soins apportés aux enfants, en plus de leur boulot. La charge mentale, bien, c’est la planification et la gestion de tout ça “qui fait tourner notre petit hamster ” continuellement. Inutile de dire que le pauvre rongeur se retrouve bien souvent au bord de l’épuisement!

Bref, après un échange constructif et fort intéressant avec des comparses féministes sur les réseaux sociaux, j’avais envie de vous faire une confession aujourd’hui : moi, cette BD, elle me met en face de mes propres failles et de mon propre sentiment de culpabilité. Juste ça!

Non pas parce que je n’assure pas côté ménage-lavage-ramassage-de-bobettes-bouffe-brossage-de-dents-changement-de-couches-et-j’en-passe, mais bien parce que cette incompréhension, ce sentiment d’être toute seule à tout gérer et à tout avoir sur les épaules, bien, je sais que mon amoureux aussi l’éprouve à ses heures…

Tout comme moi.

J’ai tellement l’impression, parfois, d’être la seule à courir partout et à avoir la tête pleine que je ne me gêne pas tellement pour :

  1. Pousser des soupirs de découragements qui en disent long.
  2. Lever les yeux au ciel de manière entendu.
  3. Sombrer dans les petites remarques passives-agressives bien senties (honte ici présente)
  4. Lui tomber carrément sur la tomate quand j’en ai plein le dos.

Ce n’est pas tellement aidant. comme vous pouvez l’imaginer, car rien de bon ne sort de ce type d’échanges malsains… Mais je m’améliore et on parle! Ça, pour parler, on parle et vous aurez beau me dire que ça fait croissance personnelle ou Bisounours (comme le disent les Français) d’exprimer ses émotions et ses besoins, mais ça fonctionne!

Et c’est là que, quand on jase, bien, je me rends compte que son hamster à lui n’est pas bien bien en meilleur état que le mien; il souffre lui aussi de surmenage et a, comment dire, besoin d’amourrrrr! Constat : être parents, travailler, être heureux,  c’est du sport!

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Entre les impôts, le budget, la gestion des assurances, les rendez-vous bancaires, le bizounage de tuyaux ou de luminaires, les meubles et les structures de jeux à monter-démonter-recommencer, les petits ongles à couper (j’ai trop peur de lui faire mal!), les contrats de cellulaires, le job de technicien en informatique de tous nos appareils à écrans et à claviers… bien, lui aussi, ça lui arrive de penser qu’il est le seul à ramer.

Parce que fatigué.

Le truc qui me tue, dans tout ça, c’est que j’aurais envie d’être plus compétente dans les domaines qu’il gère. Ce n’est pas parce que je suis incapable de faire nos finances ou monter une table IKEA, comprenez-moi bien! C’est tout simplement parce qu’il est plus efficace que moi là-dedans et que ça lui prend deux fois moins de temps! Et moi, j’assure mieux ailleurs. Et, comme il n’y a que 24 heures dans une journée…

On a tous nos zones de sensibilité. On a tous aussi notre conception des tâches plus stressantes qui nous demandent plus d’énergie à exécuter. Négocier un contrat au téléphone, moi, ça me vide. Lui, moins. Préparer le souper, pour lui, disons que c’est plus complexe… De même que prévoir l’épicerie de la semaine ou les vêtements de puce à acheter.

“Oui, mais moi, je planifie tout, tout le temps! C’est moi qui prends les rendez-vous au garage, qui tiens le budget en plus de tout le reste!”, m’a récemment avoué une amie. Oui, il est clair que si notre chéri ne se soucie jamais de rien et qu’il attend sagement qu’on lui dise quoi faire, une sérieuse remise en question s’impose!

De notre côté, je ne prétends pas posséder de recette magique, mais je peux tout de même vous parler de ce qui semble marcher pour nous. Au cas où ça vous inspirerait, qui sait?

Comme j’ai remarqué que notre division des tâches avait une propension à être plus “genrée” (on pourrait se questionner pourquoi, mais ça, c’est une autre histoire), on a décidé de s’impliquer davantage dans les dossiers de chacun.

  1. C’est bon pour la confiance en soi de sortir de sa zone de confort.
  2. On allège un peu la charge mentale de l’autre, car on a l’impression de ne pas être seul.e à être impliqué.e dans ce qu’on gère le plus souvent.

Si vous aviez vu la reconnaissance dans les yeux de mon chéri quand j’ai pris plus activement part à la discussion dans le bureau de notre planificateur financier… Disons qu’avant, comme une adolescente un peu immature, j’aurais eu envie de dire haut et fort : c’est plaaaaaate!

Admettons qu’il doit trouver ça lourd, lui aussi, des fois! Même chose pour les appels à monsieur ou madame gazon, monsieur ou madame piscine : je m’implique!

Et lui, bien, il est en train de développer son œil de lynx pour ramasser ce qui traîne partout et essaie de déposer la petite plus souvent à la garderie pour que je puisse démarrer ma rédaction plus tôt… ou appeler notre concessionnaire pour l’entretien A ou B… Ou X, Y, Z (je suis de mauvaise fois, je sais!). 🙂

C’est sûr qu’on doit parfois lâcher prise et accepter que les choses ne soient pas toujours faites à notre goût , mais…

On a aussi un agenda commun sur nos cellulaires ainsi qu’une liste des choses importantes à faire pour tout le monde, toujours sur nos téléphones. Quand on a le temps d’alléger “la bête”, on coche et c’est presque jouissif!

Petit pas par petit pas, on se sent plus à même de gérer des tâches disons, qu’on trouvait “moins naturelles” avant? On se sent plus compétents, donc plus confortables? On a plus l’impression d’être une équipe?

Et surtout d’être là pour l’autre.

Crédit, photo à la une : Elise Martineau Photographie

Pascale Clavel

Pascale est la maman de « Princesse-Petit-Chat» (4 ans) et de "Bébé-P'tit-Loup-d'Amour". Avant d'être leur maman, elle était enseignante de français et de littérature, mais elle a aussi eu de précieux moments avec les plus petits, à l'école primaire. Les mots et elle, c'est une grande histoire d'amour qui a officiellement pris son envol sur les bancs de l'Université de Montréal, en création littéraire...

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Une réflexion sur “La charge mentale

  1. Danielle dit :

    Avoir une confiance inébranlable en son amoureux-se, en son couple et en sa petite famille. Être lucide, se parler et s’écouter constamnent l’un l’autre et dès qu’il y a une tension. Les non-dits minent le couple et la famille. ” Et surtout d’être là pour l’autre”. Que c’est bien dit Pascale ! Je dis merci à toi et à mon Dr Thanks. PS René Angélil disait : Happy wife, happy life ! … Hum …

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