La fée du logis

 

Madame Blancheville, fée du logis, elfe de maison… Je porte désormais ce tablier si je puis me permettre cette entrée en matière débordante de subtilité…

L’intendance de la maison repose maintenant en grande partie sur mes épaules (même si j’ai de l’aide, à toutes les quinzaines, il faut bien l’avouer). Cela était vrai avant, mais cela l’est encore plus depuis que nous avons décidé d’avoir des enfants. Les vêtements à laver  s’empilent de manière exponentielle tout comme les miettes de toasts et autres parcelles comestibles non identifiées sur le plancher.

Je me demande parfois comment les autres mères font. Je suis à la maison par choix, alors tout ça devrait être plus facile à gérer, non? Alors pourquoi je n’arrive plus à me rappeler la couleur de mes bacs de linge sale? Pourquoi mon congélateur n’est pas plein à craquer de pots de sauce tomate maison, de muffins aux courgettes de Ricardo et de potage d’automne de Stéfano? Martha Stewart, Martha Stewart, es-tu là? Si oui, fais-moi un signe, empare-toi de mon petit corps et de mon faible esprit incapables de classer des disques en ordre alphabétique, d’empiler des Tupperwares par code de couleurs, de plier des draps-contours autrement qu’en “tappons”!

J’exagère à peine, car je suppose que ma maison est très acceptable… la plupart du temps. Et ça dépend pour qui.

Je me rappelle pourtant que jadis, le ménage était loin de faire partie de mes préoccupations. Non pas que je vivais dans une porcherie (vous vous rappelez la charmante petite “pig” que Ross avait rencontrée dans Friends), mais il me semble que j’y arrivais pas mal à tous les coups. À un résultat satisfaisant, je veux dire. Je n’avais que mon moi-même à blanchir, nourrir et “catiner” à petits coups de serviettes pliées en rectangles bien droits et de coussins placés stratégiquement… Et puis, le reste du temps, il y avait ce que j’appelais “la vraie vie”.

laundry photo

Sauf qu’aujourd’hui, j’ai l’impression qu’une grande partie de ma journée est consacrée à tout ça. Pour ne pas dire une trop grande partie! Avant, je me sentais coupable de ne pas ranger suffisamment, alors que maintenant, je me sens coupable de le faire et de délaisser ma petite famille pour frotter, désincruster, astiquer… Mais il faut bien que quelqu’un le fasse! Combien de fois ai-je entendu ma mère répéter cette phrase! Sache qu’aujourd’hui, maman, je te comprends!

Mais bon, ramasser des explosions de macaronis par terre, se tremper les mains dans l’eau de vaisselle une trentaine de fois par jour et essuyer des fesses pleine de caca appartenant à une surprenante palette de couleur, ce n’est pas tellement sexy. Parfois, j’aimerais faire comme Martin de la Chasse-Galerie et je vendrais mon âme au diable. Pas pour aller m’éclater avec mes “chums de filles”(on est trentenaire on on ne l’est pas…), mais juste pour retrouver un tant soit peu de mon facteur X. Vous savez, celui qui fait qu’on se retourne sur votre passage, qui déclenche des pensées coquines?

Alors chers maris, conjoints, copains, copines, vous pouvez continuer à vous payer notre tête lorsqu’on sort notre robe cocktail et nos talons hauts pour aller… au Mc Do. C’est juste qu’à force de ramasser des cochonneries sur le plancher, on a l’impression d’en être devenue une. Une cochonnerie, je veux dire. Encore une fois, à ne pas confondre avec le sens grivois du terme. Alors laissez-nous nous baigner dans notre fontaine de champagne rose sur un fond de générique de “Sex and the City” , même si c’est juste pour aller à l’épicerie…

Être ridicule est mon droit le plus légitime après tout…

Simplement pour notre plaisir :

Ross et sa charmante petite pig dans “Friends” :

“Sex and the City”, parce qu’on est fabulous :

Pascale Clavel

Pascale est la maman de « Princesse-Petit-Chat» (4 ans) et de "Bébé-P'tit-Loup-d'Amour". Avant d'être leur maman, elle était enseignante de français et de littérature, mais elle a aussi eu de précieux moments avec les plus petits, à l'école primaire. Les mots et elle, c'est une grande histoire d'amour qui a officiellement pris son envol sur les bancs de l'Université de Montréal, en création littéraire...

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2 réflexions sur “La fée du logis

  1. Véronique Bougie dit :

    Bravo pour ce billet, je me reconnais entièrement dans chacun de tes propos. Je te promets d’avoir une pensée pour toi la prochaine fois que je vais me mettre sur mon 31 pour faire une sortie disons ”ordianire” 😉

    • maman dit :

      Merci beaucoup! J’imagine que c’est quelque chose que l’on ne fait que pour soi, car je suis certaine que ceux qui comptent autour de nous nous trouvent toujours aussi charmantes, même en “gougounes” et en t-shirt disons, un peu moins “frais lavé”! Moi aussi, je penserai à toi!

Les commentaires sont fermés.