La petite histoire derrière la crème glacée…


ice cream cone photoVous connaissez mon penchant pour la crème glacée ou, du moins, si ce n’est pas encore le cas, vous avez sûrement remarqué que le site regorge d’allusions à cette friandise aussi belle pour les yeux que bonne à s’offrir. De toute façon, quelqu’un qui n’aime pas la crème glacée, c’est louche, vous ne trouvez pas?

« Drôle d’histoire d’amour », que vous allez me dire. Oui, c’est vrai, il y a les amoureuses des chats, des tasses de café, du chocolat, des plantes graminées… Bien moi, c’est la crème glacée!

Pourquoi? Simplement pour sa saveur d’enfance et pour toute cette symbolique qui l’accompagne? Peut-être bien, mais il y a plus que ça. Sans entrer dans les détails, disons qu’à l’adolescence, j’ai souffert de troubles alimentaires (eh oui, comme la belle Marilou et comme bien d’autres aussi) pendant une courte période, certes, mais assez longtemps pour que je reste marquée par cet épisode de ma vie où je me suis perdue comme être humain. Je n’en souffre plus aujourd’hui, je ne broie pas du noir chaque fois que j’en parle, non, mais une partie de moi n’oubliera jamais ce moment où j’ai voulu être plus forte que le temps, plus forte que la Vie elle-même. Maudite belle idée, quand on y pense, mais l’anorexie, c’est l’œuvre d’âmes malades, alors, faut pas chercher à voir ça logiquement.

On dit que les causes de l’anorexie sont multiples et aujourd’hui, on a arrêté de jeter uniquement le blâme sur la famille, ou pire, sur la mère (parce que ce n’est pas vrai que c’est toujours elle, la méchante!). Je dois vous avouer que j’ai encore du mal à cerner exactement ce qui s’est passé pour moi, le jour de mon 14e anniversaire.

Je peux simplement dire que, de nature sensible, j’ai vécu le passage au secondaire comme quelque chose de gros, pareil à un déracinement. Mon anorexie, c’était ma façon de pleurer des amitiés fluctuantes ou perdues, de pleurer mon corps d’enfant qui s’en allait, le stress de la nouveauté qui me harcelait à force de me prendre au dépourvu. J’ai gelé le tout avec des pensées obsédantes sur la prise de poids et les calories pour m’empêcher de ressentir quelque chose de trop gros pour ma trop petite capacité à encaisser ce qui faisait mal.

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Je me rappelle avoir rayé de mes habitudes alimentaires toute forme de douceurs sucrées, de plaisirs croustillants, d’arômes alléchants. N’entrait dans mon corps que ce qui avait été savamment calculé et planifié.

Puis, un beau jour, je suis sortie de ma torpeur, de mon cauchemar tout noir. J’ai compris que, moi aussi, j’avais droit à tout ça, que ça n’allait pas me tuer (le contraire est vrai, par contre) et surtout, que le bonheur ne se trouvait pas là; ce n’était pas sa place, ce n’était pas MA place. J’ai croqué dans le biscuit aux brisures de chocolat que m’avait tendu ma sœur, les yeux remplis d’espoir… Je me suis réfugiée dans ma tête pour la dernière fois, puis j’ai dit à la fille pas rapport qui était en train  de perdre des instants précieux à force de cesser d’exister : “Ça suffit! Lâche-moi! T’es vraiment trop nulle!”

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Enfant, j’étais gourmande, j’aimais ça, la crème glacée puis les biscuits au chocolat! Alors, quand j’ai franchi le cap de la puberté, je ne comprenais pas le discours ambiant qui voulait qu’une femme  sensée bannisse ce genre de gâteries de son régime alimentaire. Ce que je comprenais, c’était que les plaisirs sucrés, c’était pour les petites filles et que, maintenant, c’était fini! Je me souviens d’avoir jugé sévèrement des amies qui mangeaient des chips, des sundaes ou des frites juste sous mes yeux alors que j’étais anorexique. Je les trouvais faibles, voire idiotes. J’ai honte d’avoir entretenu de telles pensées…

Alors aujourd’hui, comme mère, comme amie et surtout comme femme, je revendique le droit de manger de la crème glacée, de m’afficher en public en portant fièrement le cornet couvert de petits bonbons! Certaines accessoirisent leur look printanier d’un sac à main, d’un foulard à pois ou d’un bracelet qui fait cling cling… Eh bien moi, je porte le cornet, bon!

Comme on n’arrête pas de me dire de mettre de vraies photos de moi, en voici une. Un de ces jours, je vous dirai pourquoi je trouve ça weird de voir “ma face” dans mes billets…

Note : J’aimerais spécifier que je ne fais pas ici la promotion de mauvaises habitudes alimentaires; nous mangeons sainement à la maison, mais c’est juste qu’on ne vire pas fous devant une tite-gâterie à l’occasion…

Re-note : Merci aux filles de Chocolats favoris Sherbrooke qui m’ont prise en photo! Et merci de ne pas avoir laissé paraître que ma demande était bizarre…

Pascale Clavel

Pascale est la maman de « Princesse-Petit-Chat» (4 ans) et de "Bébé-P'tit-Loup-d'Amour". Avant d'être leur maman, elle était enseignante de français et de littérature, mais elle a aussi eu de précieux moments avec les plus petits, à l'école primaire. Les mots et elle, c'est une grande histoire d'amour qui a officiellement pris son envol sur les bancs de l'Université de Montréal, en création littéraire...

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