Calme-toi, championne !

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Comment aborder la venue d’un premier enfant avec une amie ou simplement une connaissance qui te demande de lui dire franchement à quoi s’attendre ? Je pense que c’est la question la plus difficile que l’on puisse me poser!

Une chose est claire. Je ne peux parler pour les autres, mais pour moi, le fait d’avoir eu un enfant a apporté beaucoup de joie dans ma vie, un bonheur innommable. Je n’aurais pas voulu passer à côté d’un truc pareil… J’ai déjà entendu une personnalité publique dire en pleine télé qu’elle ne connaissait personne dans son entourage dont l’arrivée d’un enfant l’avait rendu plus heureux qu’avant. À lire: avoir des enfants n’est pas une garantie pour faire monter la petite aiguille de quelques crans sur le cadran du bonheur. Ce qui, pour moi, est totalement FAUX.  Complètement insensé. Parce qu’il n’y a rien qui peut remplacer l’amour que l’on porte à son enfant. Être relié à un autre être humain pour le reste de ses jours, quand on y pense, ce n’est pas banal ! Je pense que ce qu’il a voulu dire, c’est que ce lien, tout cet amour, vient avec une bonne dose de responsabilités…

Je pense aussi qu’il ne faut pas confondre les premiers mois de vie de notre petit loup avec le reste, une fois passé le cap du 1 an. Parfois 2. Beaucoup de mamans autour de moi m’ont dit qu’elles avaient été prises de court après l’accouchement, comme si tous les livres qu’elles avaient lus, tous les sites visités, toutes les histoires entendues n’avaient pas suffi à les préparer à ÇA. Il est vrai que ce ÇA est déstabilisant. On oublie toujours de nous en parler, parce qu’on l’oublie vite une fois que notre petit lionceau nous saute dans les bras, qu’il nous sourit la bouille pleine de sauce à spaghettis, qu’il s’applaudit après avoir mis ses bas avec des nounours tout seul…

Je ne pense pas que le monde actuel est fait pour nous préparer à ÇA. Depuis notre enfance, nous, les filles, on ne cesse de nous dire qu’à chaque problème, il y a une solution, que si l’on veut quelque chose, on n’a qu’à travailler dur pour l’obtenir, que l’on peut tout avoir si on veut. Suffit de s’y mettre. Qu’on peut à la fois être belles ET intelligentes. Publier un article dans le journal de l’université ET courir un marathon. Décrocher l’emploi de rêve ET avoir du temps pour escalader le Kilimanjaro…

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Or, avoir un enfant, c’est tout sauf cela. On ne peut pas tout contrôler. On ne peut pas tout planifier. On ne peut pas TOUT avoir en même temps, même si on veut, même si on met tous les efforts de la petite championne en puissance qu’on a entretenue par en-dedans durant des années. La petite championne, et bien, il faut qu’elle apprenne à se calmer ! Parce qu’avoir un petit bout de vie qui ne fait même pas la différence entre le jour et la nuit, qui est tout déboussolé parce qu’il n’est plus accroché à ton corps du jour au lendemain, ça t’apprend une chose que tu n’as jamais appris ou même imaginé faire : lâcher prise. Non, personne ne t’a préparée à cela dans notre société moderne ô combien évoluée où le monde est toujours censé t’appartenir…

Pendant ces premiers mois, le monde fait tout, sauf t’appartenir ! Il appartient à ce petit être humain nouvellement arrivé, à ce prolongement de toi-même. Tu dois oublier d’être toujours belle, tu ne se sens pas toujours intelligente, l’emploi de rêve est mis en veilleuse…, mais ce que tu accomplis chaque jour est bien plus intense qu’un marathon, bien plus transcendant. Tu arrives à la fin de cette première année et tu as le goût de faire mille danses de la victoire, d’escalader la montagne la plus proche (peut-être pas le Kilimanjaro) et de planter un drapeau de conquérante en saluant la foule, de repartir découvrir le monde, mais différemment. Avec ton porte-bébé. Avec ton plus un, tellement plus un qu’il t’est difficile d’imaginer ta vie sans lui… Oui, tu as le droit de te penser bonne, championne.

Parce que tu as appris l’humilité. Tu as découvert l’abnégation. Parce que tu es devenue un meilleur être humain et qu’au bout de la plus grande aventure de ta vie (les courses extrêmes à se rouler dans la bouette, “y a rien là”), tu as découvert un amour qui te dépasse. Tu es devenue une mère…

Voici Adele et Rolling in the deep, une chanson parfaite pour s’entraîner, donc idéale pour traverser ces fameuses premières semaines :

 

 

 

 

 

 

Pascale Clavel

Pascale est la maman de « Princesse-Petit-Chat» (4 ans) et de "Bébé-P'tit-Loup-d'Amour". Avant d'être leur maman, elle était enseignante de français et de littérature, mais elle a aussi eu de précieux moments avec les plus petits, à l'école primaire. Les mots et elle, c'est une grande histoire d'amour qui a officiellement pris son envol sur les bancs de l'Université de Montréal, en création littéraire...

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