Encore un billet sur le harnais pour enfant!

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Je sais, je sais, je manque profondément d’originalité en ce lundi pluvieux, mais il faut croire que parfois, on a juste envie de dire ce que l’on a à dire!

Le harnais pour enfants. Ce fameux coupable qui fait crier au meurtre! On le compare à une laisse et on gronde sévèrement les parents qui osent l’utiliser, gros méchants qu’ils sont! Espèces de rustres, espèces d’hommes des cavernes! Barbares! Barbares! Qu’on les brûle, qu’on les lapide, bref, qu’on leur fasse comprendre à quel point ils sont… quoi, au juste? Nuls? Primaires? Ou simplement sots?

Pas d’accord! Je crie mon exaspération tout comme ces gens qui se permettent encore une fois de statuer en matière d’éducation. J’ai bien envie de les envoyer balader. Avec mon sourire des grandes occasions, en plus!

Il est clair qu’un enfant “attaché”, ça fait sourciller. Notre première référence, c’est l’animal. Le chien et le rapport de domination qui va avec. C’est drôle, parce que je n’ai nullement réfléchi à cela quand j’ai utilisé le harnais pour la première fois avec ma fille. Cette période fut d’ailleurs de courte durée. Une transition, rien de plus. Comme le passage du biberon au gobelet. Comme le passage de la tétine, au pouce, à plus rien. Et je vous rassure. Je suis une fille profonde, réfléchie. Tellement philosophe parfois que je m’énerve moi-même en parlant. Je fais rarement dans le léger. Tout passe toujours par une analyse en 4 temps dans mon cerveau. Un sujet n’est jamais vidé complètement. Peut-être après 6 heures de discussion intense? Même pas…

Puce n’a jamais aimé la poussette. C’était un moyen de transport pour se rendre du point A au point B. Une fois à destination, elle voulait voir, toucher, bref explorer. Alors qu’on nous lâche un peu avec cette définition du harnais qui représente une entrave à la liberté de l’enfant, qui l’empêche de découvrir le monde, puisque c’est justement pour cette raison que j’ai opté pour ça alors qu’elle avait à peine 1 an! J’ai mis au monde une curieuse en puissance! Alors pourquoi l’aurais-je empêchée de toucher aux doux pétales des fleurs, de ramasser des cailloux blancs et lisses, de grimper sur une grosse pierre pendant qu’on se rend tranquillement à destination? Le mouvement slow, vous vous rappelez?

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“Vous n’avez qu’à lui apprendre à vous tenir la main, madame, voyons!” Ah, bien merci, c’est drôle, je n’y avais pas pensé (qu’on me trucide à l’instant, car je ne mérite pas de vivre!) Elle n’était tout simplement pas rendue là, tenir la main, je veux dire! Elle l’est aujourd’hui (depuis un petit bout, d’ailleurs).

Il est clair que j’ai reçu mon lot de commentaires assassins pour avoir voulu m’adapter à la nature de mon petit papillon constamment en mouvement. Une dame m’a carrément balancé à la figure que je traitais ma fille en petit chien! J’ai failli demander à puce de lui faire un petit “couche-roule” juste pour voir… Je plaisante, évidemment, mais parfois, j’aimerais posséder un sens de la répartie aussi vigoureux… Le chien, le chien… Ce n’est qu’une image au fond! On voit bien ce que l’on veut voir, tout dépend de nos zones de sensibilité! Certains ont du mal à déglutir lorsqu’ils voient un sein passer lors d’une séance d’allaitement improvisée. Pour moi, c’est le même scénario. On devrait prendre le temps de recadrer les choses avant d’éclater en autant de parcelles d’indignation qu’il y a de poussières dans l’univers!

Je suis une mère, pour ne pas dire une “mère de coeur” à l’écoute des besoins de son petit poussin. Et son besoin, à ce moment-là, c’était de mordre dans la vie les deux petites mains dans le sable en arrachant des brins d’herbe, en ramassant des feuilles mortes et s’approprier ainsi le monde en collectionnant tous les petits trésors qu’elle pouvait rencontrer sur son chemin.

Les images font peurs, il est vrai. Les symboles sont puissants, certes. Mais, en ce qui me concerne, l’utilisation du harnais de sécurité n’a rien à voir avec un mauvais spectacle de Madona… ou une réécriture de “En attendant Godot”.

 

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Pascale Clavel

Pascale est la maman de « Princesse-Petit-Chat» (4 ans) et de "Bébé-P'tit-Loup-d'Amour". Avant d'être leur maman, elle était enseignante de français et de littérature, mais elle a aussi eu de précieux moments avec les plus petits, à l'école primaire. Les mots et elle, c'est une grande histoire d'amour qui a officiellement pris son envol sur les bancs de l'Université de Montréal, en création littéraire...

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