Fais preuve d’un peu plus d’autorité, voyons!

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L’article « The collapse of parenting : Why it’s time for parents to grow up » publié dans le magazine canadien  Maclean’s a créé tout un émoi, dès sa parution. Châtelaine en a fait une traduction française intitulée « Le déclin de l’autorité parentale: pourquoi les parents doivent devenir adultes » et il s’agit sûrement de cette version que vous avez vue apparaître sur votre fil de nouvelles Facebook.

Comme plusieurs, j’ai eu ma petite réaction instintive-sur-la-défensive-de-maman-lionne au début, à savoir que le retour aux rôles traditionnels des parents était tout à fait insensé. Nos aînés en ont beaucoup trop souffert pour que ce soit LA solution, de celles que je juge beaucoup trop faciles. La façon dont on exerce son autorité comme parent étant au coeur des conflits intergénérationnels (parlez-en à votre mère ou à votre beau-père…), je doute fort qu’il suffit de se jeter trop aisément dans le passé pour tout résoudre, tout comme il serait absurde de ne jamais se remettre en question alors que “l’être parent” est en profonde mutation.

Évidemment, mon premier réflexe d’intense de chez intense aurait été de lire le fameux livre du médecin et psychologue américain Leonard Sax dont parle l’article. Selon lui, les modes d’interventions éducatives actuels minent l’autorité parentale. Ce déclin de l’autorité serait en partie “responsable de l’embonpoint, de la surmédication, de l’anxiété, du manque d’estime de soi et de respect pour les autres chez les enfants.” Je vais vraiment mettre la main sur ce livre, mais avant, je me suis dit : “Et si je me permettais une réaction à chaud?” Donc oui, je me le permets!

Voici donc la liste exhaustive de tout ce qui me gratouille, me fait tiquer ou me heurte comme parent, mais aussi comme enseignante, à la lecture de cet article :

Tout d’abord, la première phrase (ça commence bien!) : « Chérie, pourrais-tu me faire une faveur ? Pourrais-tu prendre juste une petite bouchée de tes pois ? » On parle alors d’un père qui s’adresse à sa fille dans un restaurant. C’est drôle, je ne me sens pas interpelée par cet exemple qui semble être décrit comme la norme. Et je suis certaine que je ne suis pas la seule. Pourtant, je suis une fan finie de l’approche démocratique en matière d’intervention éducative  (en opposition avec le style permissif et le style autoritaire). Le fait de demander à son enfant de nous “faire une faveur”  s’apparente trop à une forme de manipulation, à un genre de chantage affectif… “Allez, fais-le pour faire plaisir à papa!” Ce mode d’intervention n’est pas “moderne”, mais bien dépassé… Donc, mauvais exemple, puisqu’il fait plutôt appel à une approche éducative révolue.

Deuxièmement, pour tout ce qui concerne l’alimentation en général, il me semble qu’il s’agit d’un dossier délicat, TRÈS délicat et qu’à vue de nez, l’article prend de drôles de raccourcis à ce sujet. Je me sens toutefois à l’aise avec le fait que le choix des repas, surtout en bas âge, ne devrait pas être d’emblée discuté avec l’enfant. Pourquoi? Pour la simple et bonne raison qu’il est dans une phase de découverte. À force de lui mettre un “tapon” d’avocats ou de salade de quinoas sous le nez, il finira bien par en manger! Pour son propre plaisir et le nôtre! Du moins, on l’espère! Quant au fait d’être privé de dessert si l’enfant ne mange pas son repas, je ne peux me résoudre à être aussi catégorique, désolée! Je préfère adhérer au principe qu’un dessert n’est pas une récompense. Et qu’il ne faut pas servir des biscuits couverts de bonbons-couleur-pouliche-radioactifs hyper attrayants régulièrement, question de s’aider un peu!

À lire : http://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/alimentation/fiche.aspx?doc=dessert-interdire-offrir

Alors pourquoi avoir utilisé cet exemple? Il me semble qu’il ne sert pas bien le propos défendu, car il sème la confusion inutilement…

Jusqu’à maintenant, j’ai l’impression que ce que l’on “flaire” à la lecture de cet article, c’est davantage la difficulté que nous, parents, avons à nous approprier les nouvelles approches en matière d’éducation des tout-petits… Eh oui, c’est vrai que ça n’est pas simple! Parce que beaucoup plus sujet à interprétation que de s’appuyer sur un quelconque statut de toute-puissance que l’on se confèrerait d’office…

Mais il y a encore tellement à dire, puisque je n’en suis qu’au 6e paragraphe, alors à bientôt!

Pascale Clavel

Pascale est la maman de « Princesse-Petit-Chat» (4 ans) et de "Bébé-P'tit-Loup-d'Amour". Avant d'être leur maman, elle était enseignante de français et de littérature, mais elle a aussi eu de précieux moments avec les plus petits, à l'école primaire. Les mots et elle, c'est une grande histoire d'amour qui a officiellement pris son envol sur les bancs de l'Université de Montréal, en création littéraire...

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