La Reine des Neiges 2, ce merveilleux film pour les grands…

Comme la plupart d’entre vous, quand le film de la Reine des Neiges 2 est sorti au cinéma, je me suis empressée d’aller le voir avec ma grande de 6 ans. Un cadeau généreux de ma sœur pour Noël. C’est donc en quatuor que nous avons vécu l’expérience grand écran de cette méga production tant attendue : deux adultes et deux enfants de moins de 10 ans.

Comprenez-moi bien. Nous avons trouvé le film incroyable et je remercie ma sœur fois mille pour ce bon moment avec nos loulous.

Mais alors que je sortais de la salle avec mes impressions d’adulte cinéphile qui a vu neigé (désolée, elle était trop facile), je n’ai pas pu empêcher la pédagogue en moi de se questionner. Vraiment, est-ce que ce film classé familial convenait à un tout jeune public?

Il y avait des minis vraiment minis à côté de moi et je sais que ce film représentait la première expérience au cinéma pour plusieurs enfants d’âge préscolaire (voire deux ans et plus). L’histoire est certes captivante, puisque nous fouillons dans le passé nébuleux des deux sœurs et en apprenons davantage sur la fameuse expédition en mer de leurs parents (périple qui leur a coûté la vie)… Elsa entend une voix et est appelée à lever le voile sur son passé, celui de ses parents et de son grand-père…

Une guerre a éclaté. Plusieurs en sont morts, d’autres gravement blessés. Elle doit découvrir ce qui s’est réellement passé pour sauver son royaume d’une catastrophe imminente. Bref, la vérité doit être dévoilée au grand jour et elle semble être l’élue toute désignée pour effectuer cette sorte de croisade dans le temps, seul salut possible pour Arendelle. Cette quête lui servira, entre autres, à découvrir l’origine de ses pouvoirs et sa raison d’être. Ouf. Fin de la petite histoire pour vous situer si jamais vous faites partie des rares parents (bizarres, hi, hi) à ne pas encore avoir vu le film avec votre progéniture.

Passons maintenant au vif du sujet : je ne crois pas qu’un enfant entre 2 et 5 ans puisse réellement apprécier ce merveilleux film. Je vous propose un 6-7 ans et plus, voir 8 dépendemment de la maturité émotionnelle de votre loulou. Il s’agit de mon opinion de prof, mais je ne suis pas psychologue. Alors on jase.

Les émotions qui sont abordées dans la Reine des Neiges 2 sont, ma foi, des plus complexes. Elsa est déclarée morte à un certain moment de l’histoire (oui, oui, morte) et Anna doit puiser dans sa force intérieure pour réussir elle-même cette quête épique. On est en présence de vraies héroïnes au féminin (désolée pour le pléonasme). On est heureuses. Elle puise donc dans sa peine pour y trouver du courage, parce que double deuil, elle vient de perdre Olaf, le symbole même de l’enfant attachant ou de l’animal de compagnie qui allégeait l’atmosphère jusqu’alors. Car oui, si Elsa n’est plus, Olaf disparaît puisqu’il doit son existence à la Reine et ses puissants pouvoirs.

Donc, on voit crever Olaf. Je sais que dans le roi Lion, on voyait Mufasa tomber du haut d’une falaise, mais je ne trouvais pas l’idée plus brillante… Je suis dure, mais sachez que j’ai adoré le film. Mais on ne peut pas tuer Olaf ! Olaf, c’est l’espoir, le visage de la naïveté et de la fraîcheur de l’enfance. L’enfance avec un grand E, mais aussi celle d’Elsa et Anna, alors qu’elles s’amusaient à faire des bonhommes de neige avant la tragédie originelle.

Alors, doit-on vraiment tuer l’enfance pour devenir “grandes” et sauver le monde ? On doit mordre la poussière de la réalité crue, arrêter de rêver, passer aux choses sérieuses parce qu’on a un royaume à sauver ?

J’ai adoré pleurer Olaf. C’était grand comme émotion. Et c’est aussi un grand classique comme choix scénaristique. Mais j’ai 39 ans et je suis une adulte. Les pauvres poussineaux (appelez-les les petits lapins si vous me jugez surprotectrice, je vais m’en remettre) n’ont pas à aller jusque là dans le drame qui nous prend aux tripes pour apprécier cette histoire d’appel, de courage et de magie… Du moins, c’est mon humble avis.

On aime qu’Anna se batte contre les géants (c’est David contre Goliath), ça prend toujours. On aime aussi les nombreux clins d’œil au monde des elfes du Seigneur des Anneaux : le cheval sauvage et farouche dompté par Elsa, cette chevauchée sur la mer agitée qu’elle arrive à maîtriser… Quand je vous disais que ça allait plaire aux adultes…

On aime aussi que Kristoff, premier personnage masculin à vie à pousser la chansonnette romantiquement parlant dans un film de Disney, se “laisse aller” à cet épandage de sentiments normalement réservé aux filles. C’est drôle et touchant. C’est moderne : basta la masculinité  toxique; il l’aime vraiment, sa Anna.

Mais toujours est-il que je privilégierais d’autres expériences cinématographiques comme baptême du cinéma pour un tout-petit. Paraît-il que Toy Story, c’était dans la catégorie “juste assez” pour la mère poule un peu trop philosophe que je suis. 😉

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