L’unique enfant, l’enfant unique…

amelie photoComme la majorité des gens, j’ai toujours voulu avoir plus qu’un enfant depuis que je suis en mesure de me projeter dans l’avenir. Adolescente, je me disais que 2, c’était un minimum, puisque ça nous permettait de nous reproduire, nous, les parents et ainsi garantir la survie de l’espèce… Drôle d’idée, n’est-ce pas pour orienter un choix aussi important? Oui, mais j’étais drôle, aussi, à l’adolescence…

Maintenant que je suis vraiment mère, c’est-à-dire vraiment à même de me positionner, je dois dire que j’ai été plutôt surprise de constater à quel point les gens ont une peur chronique qu’on engendre des enfants dit “uniques”. Je pense de plus en plus à en avoir un deuxième, mais si mon choix s’arrêtait à un, vais-je me faire lapider sur la place publique? (symboliquement, je veux dire…)

J’ai surtout été estomaquée par ma propre culpabilité quand l’idée de m’arrêter à “un” m’a traversé l’esprit. Pourquoi donc tout ce plaidoyer intérieur? Pourquoi tant de justifications? Probablement parce que je pensais que les autres croiraient que je n’aimais pas vraiment mon enfant, que la maternité avait été une erreur pour moi… Je sais que certaines mères avouent bien humblement que si elles avaient su, elles ne se seraient pas “embarqué là-dedans”. Mais moi, je ne l’ai pas vécu comme ça. En fait, on peut me classer parmi les mères un peu folles; je suis folle dingue de ma fille au point où je dois parfois me parler entre quatre yeux pour mener à bien ce fameux détachement, cette saine séparation tellement importante. Bien que je trouve ce concept embêtant, puisque tout mon être semble me hurler de retrouver mon bébé, toujours, peu importe où je me trouve, je SAIS que le but ultime de cette belle aventure doit se solder par un départ, aussi douloureux que salutaire, pour elle comme pour moi.

mother and daughter photo

 Cette culpabilité à l’idée de n’avoir qu’un poussin dans ma couvée était également alimentée par la peur d’être jugée trop faible pour agrandir ma famille. Qu’allaient-ils penser? Que je n’étais pas “capable” de m’occuper d’un deuxième? Que ce serait trop “dur” pour moi? Ou pire, que j’étais égoïste, puisque je ne pensais qu’à moi en empruntant la voie facile… En fait, cette voie est-elle réellement plus facile? Et puis si c’était le cas, pourquoi en faire tant d’histoires? Pour qui ces gens se prennent-ils pour juger de ce qui me convient à moi, comme vie de famille? Sont-ils à ce point au courant de mon parcours? L’enfant unique serait donc associé à une situation personnelle tout aussi unique… Il en serait de même  pour les familles de 2,3 ou 4 enfants aussi, quand on y pense bien. Je suis plutôt perplexe face à ce concours ridicule entre parents. Comme si le fait d’en avoir seulement un nous rendait moins “mère” que les autres. Moins “parent”. Moins “famille”. Moins hot quoi…

En plus, ce préjugé négatif quant à la personnalité égocentrique de l’enfant unique, à son statut de “pourri, gâté” n’est en fait que construction. En effet, cette conception de l’enfant unique incapable d’ouverture aux autres, de partage et toujours désireux d’être le centre de l’attention a été mis de l’avant dans le passé pour justifier une mission à caractère politique, démographique, voire religieuse… Aujourd’hui, les recherches sur le sujet en arrivent à une seule et même conclusion: il n’y a pas vraiment de différences entre la personnalité des enfants uniques et ceux qui appartiennent à une fratrie. Tout dépend de la manière dont ils ont été éduqués. Par contre, ils doivent faire face à des défis différents tout comme leurs parents (voir lien ci-bas).

Par ailleurs, ce que j’ai surtout retenu de mes lectures sur l’enfant unique, c’est qu’ils accordent une grande importance à leur famille et à leurs amis. Alors au diable les clichés! Comme quoi, il faut avoir le courage de ses convictions et n’écouter que ce que nous dicte notre coeur plutôt que de nous laisser influencer par un discours ambiant réducteur et dépassé… Et au lieu de nous mener la vie si dure, ces autres parents tellement sûrs d’eux devraient peut-être apprendre à faire preuve eux aussi d’ouverture aux autres, puisque cette qualité semble leur tenir tellement à coeur alors qu’ils posent un jugement sévère sur la progéniture des autres…

mother father son photo

Pour plus de détails : http://plus.lapresse.ca/screens/4d69-e880-51d6f931-8921-5b12ac1c606a%257CnvNxOOf_s0Ta

Photo by hto2008

Pascale Clavel

Détentrice d'un B.A.C.C. en enseignement et d'une maîtrise en littérature française, Pascale Clavel, une fois devenue la maman de Chacha (5 ans) et Loulou (1 an), a fondé ce blogue afin de concilier ses deux plus grandes passions : célébrer le monde de l'enfance à travers les mots...

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