Prendre le temps, la suite…

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Je vous avais laissés à Montpellier… Il y a pire comme salle d’attente virtuelle… Je vous disais qu’à 22 ans, on m’avait fait un cadeau. Celui de prendre le temps… de vivre. Je n’avais pas de travaux à faire durant la session, seulement un seul à la fin. Je dois avouer que ma relation avec les professeurs étaient tout à fait géniale. Parce que je n’allais pas les voir simplement pour clarifier leurs attentes concernant telle ou telle dissertation à rendre, tel rapport à faire… J’allais les voir pour en savoir plus sur ce dont ils nous avaient parlé. C’était vraiment bien, car le plaisir prenait le dessus sur le stress d’une potentielle évaluation. Et la fin de semaine, j’avais du temps. Je ne croulais pas sous les travaux. Je ne travaillais pas dans un centre d’achat à la lumière artificielle et surclimatisé à me créer des besoins de consommation tout aussi artificiels: j’étais dehors! À Avignon, au pont du Gard, à Aix-en-Provence, à Cassis, à Collioure…

J’ai bu du vin pour la première fois sans trouver que ça goûtait drôle. J’ai visité une grotte où il y avait un stalagmite en forme de phallus porte-bonheur. À Barcelone, j’ai dormi chez une dame que je ne connaissais ni d’Ève ni d’Adam, simplement parce qu’elle m’avait semblée sympathique. Le premier grand musée dans lequel j’ai pénétré, c’était le Prado, à Madrid et je ne le regrette pas du tout, puisque j’ai trouvé que la réputation du Louvre était surfaite quand j’ai finalement eu la chance d’y aller. J’ai marché dans une cathédrale à ciel ouvert au Portugal en me faisant la réflexion que si j’avais à rencontrer Dieu, c’était définitivement de cette façon que ça devait se passer…

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Et voilà qu’aujourd’hui, 10 ans et des poussières plus tard, j’ai une petite puce bondissante qui carbure à l’air pur, au soleil et aux découvertes… Ma routine a changé de visage. Encore une fois, le cadre s’est volatilisé sans que je m’en rende compte. Métro-boulot-dodo… C’est de l’histoire ancienne. Je ne visite pas de grottes aux volumes inusités ni de musées remplis de trésors, mais je redécouvre le monde à hauteur d’homme. Ou plutôt, de petite bonne-femme aux sandales roses. Avec des papillons. Le temps a de nouveau ralenti. Je retrouve ce mode contemplatif que j’avais presque oublié. Celui de mes 22 ans. À Montpellier.

Reste à voir si mon cerveau va s’atrophier… Reste à voir si ce temps passé à prendre mon temps, à éduquer mes enfants à devenir de bons êtres humains, à tout simplement être avec eux, à être tout court, je vais le regretter. C’est drôle, car mon petit doigt me dit que non… Tout comme ces 4 mois à Montpellier, ce temps passé “à ne rien faire” fera probablement partie de ces moments bénis dans la vie où on s’est permis d’aller à contre-courant. De ressentir sa journée comme un cadeau et non comme une obligation.

Il est vrai que prendre soin d’un enfant, c’est exigeant. On peut tout aussi bien le voir comme une obligation. Mais les obligations pèsent moins lourd quand notre lieu de travail se transforme en terrain de jeux, en cathédrale à ciel ouvert…

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Pascale Clavel

Détentrice d'un B.A.C.C. en enseignement et d'une maîtrise en littérature française, Pascale Clavel, une fois devenue la maman de Chacha (5 ans) et Loulou (1 an), a fondé ce blogue afin de concilier ses deux plus grandes passions : célébrer le monde de l'enfance à travers les mots...

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