Tu ne vas pas manger “ça”???

 

overeating photo

Je suis vraiment exaspérée de voir qu’il y a encore trop de gens qui accordent une importance capitale au poids d’une personne. On ne se gêne pas de passer des remarques, un peu comme si l’on parlait de la pluie et du beau temps! Qu’on les balance en pleine figure de la personne concernée ou en faisant des messes basses dès qu’elle a le dos tourné, ces petits commentaires insignifiants ne devraient plus avoir leur place!

C’est que ça devient agaçant, à la fin! Pourtant, on ne manque pas d’informations sur le sujet. Par exemple, le 2 octobre dernier, Félix-Antoine Tremblay a organisé un grand défilé de mode pour L’ANEB (Anorexie et boulimie Québec), ce qui m’a amenée à consulter à nouveau le site de cet organisme et à lire leur blogue (fort intéressant, d’ailleurs…) Il y a encore trop de méconnaissance qui plane au-dessus de la prise (et de la perte) de poids et cela ne fait qu’augmenter la confusion de ceux et celles qui sont atteints de cette maladie! Et pour tous les autres, c’est aussi malsain, qu’on se le tienne pour dit!

Et quoi de mieux pour se faire mettre sous les projecteurs que d’être enceinte! J’ai l’impression que beaucoup trop de Pierre-Jean-Jacques (et de Pierrette-Jeannette-Jacqueline!) se permettent de juger sévèrement ces futures mères en se complaisant à faire la liste exhaustive de ce qui se trouve dans leur assiette! Nous ne sommes pas nécessairement irresponsables parce que nous n’avons pas encore enfanté! Si on décide de se taper une poutine extra fromage qui fait “quik”, “quik”, c’est bien de nos affaires!

Et puis, comment savez-vous, cher auditoire du “Repas de la future mère porteuse de Vie”, si cette poutine n’est pas la première qu’elle se permet de manger depuis des semaines, simplement pour se gâter un peu dans toute cette cacophonie de malaises de grossesse? Et puis, si elle vomit sa vie chaque fois qu’elle avale un truc, n’est-ce pas mieux pour cette “vie” qu’elle porte, qu’elle mange, point au lieu de ne rien garder? Si ça passe, vaut mieux une poutine bien digérée qu’une salade de pois chiches dégobillée? (Bon appétit!)

D’ailleurs, pour tous ceux qui voient dans le surpoids un simple problème de contrôle de soi, un genre de paresse alimentaire, j’ai envie de leur dire ceci:

Pourquoi devrait-on voir un manque de maîtrise de soi dans le surpoids alors que pour la cigarette, on parle de dépendance? Même chose pour l’alcool, le jeu, le magasinage compulsif, les ricochets et la perforation abusive de feuilles de laurier! (Faut revisionner Amélie Poulain, parce que : “Chacun son truc pour se calmer les nerfs!”)

Oui, je sais, il y a des dépendances qui font moins mal, qui affectent beaucoup moins la santé physique que d’être accroc aux Miss vickie’s sel et vinaigre! OK. Mais pour la cigarette et l’alcool, on  n’est pas trop, trop loin sur l’échelle de ce qui nous tue à petit feu…

Et puis, j’ai des boutons chaque fois qu’on se permet de dire que les “gros” ne devraient pas se retrouver sur la couverture des magazines parce qu’il ne faudrait donc pas , je cite : “faire la promotion d’un comportement nuisible pour la santé!” C’est tout simplement parce que la dépendance à la nourriture se voit, alors que celles à la cigarette et à l’alcool, non! Sauf si on photographie un type avec sa clope, évidemment!

À moins que le magazine en question traite de médecine ou de santé pures et dures, pourquoi tous les types de corps ne devraient pas “avoir pignon sur rue”? En quoi un corps rond n’aurait pas sa place sur la couverture d’un magazine qui parle d’astuces d’étalage d’ombre à paupière et des meilleurs “spots” pour aller aux pommes?

Parce qu’on a tous nos travers, nos dépendances, nos comportements autodestructeurs, que cela se lise ou non sur notre apparence physique! Il ne devrait pas y avoir de distinction entre un “muffin top” bien présent et des poumons noir-charbon bien dissimulés derrière un écran de rouge à lèvres, de haute couture et de régime “low carb”.

Pascale Clavel

Pascale est la maman de « Princesse-Petit-Chat» (4 ans) et de "Bébé-P'tit-Loup-d'Amour". Avant d'être leur maman, elle était enseignante de français et de littérature, mais elle a aussi eu de précieux moments avec les plus petits, à l'école primaire. Les mots et elle, c'est une grande histoire d'amour qui a officiellement pris son envol sur les bancs de l'Université de Montréal, en création littéraire...

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