“Tu parles d’un nom, toi!”

Mise en garde : Tous les noms cités dans ce billet sont beaux!

Oui, les prénoms sont devenus des choix très, très personnels. On en fait une analyse en quatre temps avant la naissance de notre beau petit bébé tellement attendu, tellement unique, tellement “rien qu’à nous autres”… Tellement tout, quoi! Notre arrière-grand-mère nous dirait sûrement qu’on surinvestit dans ce fameux choix du prénom. “Bah, attends d’avoir accouché de ton 8e, puis tu m’en reparleras…”, qu’elle nous répondrait sûrement, en chassant le sujet du revers de la main.

Oui, mais on n’en aura pas 8! Probablement 2 et, si on veut “être fous” (dans le sens de faire des folies), peut-être 3? Je pense quand même que c’est cette quête du nom idéal qui rend fous! “Bien non, je ne peux pas l’appeler comme ça, c’est le même prénom que le fils de ma demi-cousine par alliance!” Ou encore : “Ça  ne fait pas beau avec son nom de famille, deux voyelles qui se suivent!” Reste aussi le classique : “Pas un nom qui finit en a!” Parce que tout le monde sait qu’au Québec, on est passé maître dans l’art de “scrapper” les noms en “a”.

Et que dire des noms composés? Pour la mienne, j’ai frôlé la névrose en tentant par tous les moyens possibles de trouver LA combinaison parfaite, au point de sortir à mon chum des associations à la sonorité tellement grinçante, que j’ai eu droit au festival des mines perplexes. Et à l’absence de tout commentaire… Ce qui veut tout dire.

Mais un prénom, c’est important, non? Quand on y pense, on va nous appeler comme ça toute notre vie, on va le porter sur nos épaules des années durant. J’exagère? Pas tant que ça. C’est que ça parle un prénom et ça en a long à dire! On a tous une image mentale qui va avec, que ce soit pour une Clotilde ou une Sabrina! C’est une invitation à la discrimination avant même que l’on se montre, que l’on ouvre la bouche! Ça rend intéressant ou ennuyeux sur une étiquette!

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Et puis, ça fait partie de notre identité, veut, veut pas. “Je vais attendre de lui voir la bette!”, qu’on dit, en attendant le grand jour où l’on pourra statuer sur ce don de symbolique tellement important. Enfin… On est presque soulagés. “Fiou, c’est un Philippe, finalement!”

Pourtant, aussi judicieusement choisi qu’il soit, on a tous déjà souffert du syndrome de l’imposteur un matin, en enfilant les chaussettes de notre propre nom. Prenez le mien, par exemple. Ça a l’air que j’ai une face de Chantal ou de Patricia! Simple question de sonorité ou de graphie, vous me direz? Hummm…. Pas sûre. Question pseudo-philosophique du jour : Est-ce notre prénom qui nous définit ou est-ce nous qui le définissons d’emblée? En dautres mots, naît-on en tant Gaétan ou devient-on un Gaétan à force d’en porter l’empreinte?

Il y a aussi de ces prénoms que l’on affectionne particulièrement, mais qu’on a peur de donner. Parce qu’ils vieilliront mal? Parce qu’on craint de ne pas plaire aux autres? “Ma mère a toujours détesté ça, Caleb! Elle dit que ça fait vieux!” Oui, mais pour nous, c’est ce qui est original en ce moment, c’est “hot”, comme nom, Caleb! Parce qu’il ne faudrait surtout pas apposer le sceau d’une identité plate, ordinaire, beige et sans histoire à notre descendance, voyons! Règne de l’individualisme ou simple désir de briller par procuration? C’est un peu la même chose, non?

Après avoir pris un grand “respir”, je tenterai de me rappeler ceci :

Même si viendra le jour où mon enfant me dira : “Pourquoi vous m’avez appelée comme ça!?”, j’aurai toujours la possibilité de lui répondre que son prénom a été choisi avec tout l’amour qu’on avait déjà pour elle, avant même qu’on la tienne dans nos bras. Il est l’étendard de la promesse de bonheur qu’on se faisait alors… Il a fait partie de notre cri de joie la première fois qu’elle a marché toute seule et de notre hurlement de frayeur quand elle a traversé la rue au pas de course, sans regarder… Il a accompagné chacun de nos encouragements que ce soit haut et fort lors de sa première course à pied ou sous la forme de prière lors d’un examen où son avenir se jouait…

De tous les mots prononcés jusqu’alors et de ceux que l’on prononcera plus tard, son nom sera toujours celui que l’on préfère, pour nous, ses parents; parce qu’il illumine une conversation banale d’un sourire empreint de fierté, parce qu’il devient la caisse de résonance des doux moments qu’elle vit ou de ses jours plus sombres… Parce que c’est son nom.

Comme visionnement de circonstance, quoi de mieux que Le prénom 

Pascale Clavel

Pascale est la maman de « Princesse-Petit-Chat» (4 ans) et de "Bébé-P'tit-Loup-d'Amour". Avant d'être leur maman, elle était enseignante de français et de littérature, mais elle a aussi eu de précieux moments avec les plus petits, à l'école primaire. Les mots et elle, c'est une grande histoire d'amour qui a officiellement pris son envol sur les bancs de l'Université de Montréal, en création littéraire...

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