Une histoire de consentement…

megan-lewis-423024Le fameux consentement…

Il y a longtemps que je voulais vous partager le fruit de mes réflexions là-dessus, mais disons que j’avais certaines craintes. J’avais peur d’être jugée, mais allo Pascale !, si tu veux parler avec authenticité, il faut te mouiller! Surtout que je ne suis certainement pas la seule à se battre avec ce type d’émotions contradictoires !

Je m’explique. Je suis extrêmement sensible au besoin (que dis-je, au droit !) des enfants d’être écoutés, entendus et respectés. Leur corps, c’est leur corps et non, c’est non ! Que ce soit pour un bisou, un câlin ou même une minie caresse dans les cheveux, si Loulou ou Ti-pou n’a pas envie, son opinion doit être pris en considération au même titre que celle de n’importe quelle autre personne d’âge adulte.

Sauf que… Est-ce que ça vous arrive de ne pas trop savoir quoi dire ou faire pour exprimer votre position face à un autre adulte qui lui, n’a pas tout à fait baigné là-dedans, la culture du consentement ? Les fêtes viennent tout juste de se terminer et je suis certaine que vous avez dû avoir affaire à des oncles, tantes ou même grands-parents qui voient dans le petit bisou sur la joue réglementaire une forme de politesse, sans plus.

J’ai envie de dire : “On fait quoi avec ça?” On se tient debout, on se positionne en faveur de notre enfant, au risque de créer quelques frictions, malaises, désagréments… Je sais. Mais concrètement, il m’arrive de figer. C’est franchement bête , n’est-ce pas ? Mais pourquoi donc cette incapacité à réagir spontanément ?

Probablement parce que, comme tout le monde, je n’aime pas les conflits. J’ai de la difficulté à faire de gros yeux réprobateurs à une grand-tante qui ne voit pas en quoi son geste est “mal” , qui est d’une autre génération et qui pense bien agir. ..

“Tes enfants d’abord!”, que je vous entends crier intérieurement. Oui, je suis du même avis : mes enfants d’abord. Mais, car il y a un autre mais, malgré toute ma bonne volonté et le désir de protéger mes enfants, il m’est arrivé de :

  • Ne pas réagir assez rapidement au centre d’achats, quand une dame a foncé sur mon bébé endormi pour lui caresser la chevelure de petit Samson (qui exerce toute une fascination, je vous assure!)
  • Devoir prendre trois longues minutes de réflexion quant à la manière dont j’allais intervenir auprès d’un membre de la famille bien intentionné qui souhaitait un bec de ma grande avant de quitter. (Inutile de vous dire que sa demande a été accueillie par un “Non!” retentissant de la part de la principale intéressée!)
  • Me tourner vers mon petit mari (à l’aide!) pour qu’il fasse quelque chose, alors que je pataugeais dans un malaise pas possible (toujours au centre d’achats !) devant un p’tit-couple-tenace-donneur-de-bisous- à-l’ancienne… Bonjour la lâcheté !

Quelle mère indigne, n’est-ce pas? Je vous rassure. Neuf fois sur dix, j’interviens. Je réagis. Peut-être pas avec autant de fermeté que je le souhaiterais, mais, au moins, je me dis que mes enfants reçoivent le message qu’ils ne sont jamais “obligés” de recevoir ou de donner un bisou/câlin/caresse. Sauf que j’aimerais être plus prompte, plus sûre de moi dans mes interventions. Être une sorte de Ninja du consentement, vous comprenez?

Oui, les gens d’une autre génération risquent de ne pas comprendre… Mais on est tous capables de s’informer, de lire sur le sujet ou, à tout le moins, d’être ouverts à la position de l’Autre, peu importe notre âge ou notre milieu social, non?

J’ai envie de faire un petit exercice avec vous, question de se donner des trucs pour être préparés… la prochaine fois et de donner un solide coup de fouet à notre confiance en soi !

Je vous avais déjà glissé un mot sur la communication bienveillante. C’est fou, mais, afin de réduire les “dommages collatéraux” auprès des gens, je ne trouve pas meilleure façon de m’adresser à eux. Après, s’ils rouspètent ou sont blessés, je me dis que ça leur appartient et que je ne peux rien faire de plus!

À lire : Être un parent bienveillant, ça s’apprend !

Prenons la situation de la dame du centre d’achats qui s’est littéralement jetée sur la chevelure de mon fils comme s’il s’agissait d’un bébé lapin à caresser/traumatiser dans une ferme de Pâques (pauvres lapins, en passant…)

Voici comment j’aurais pu réagir selon l’approche de la communication bienveillante, ou la méthode OSBM : observation de la situation, identification du sentiment qui m’habite, identification du besoin qui se cache derrière et formulation d’une demande claire (à l’autre) pour combler le besoin !

Observation de la situation : Il y a une “madame” que je ne connais pas qui a foncé sur mon bébé (dans son porte-bébé) et qui flatte ses cheveux (comme s’il s’agissait d’un petit animal de compagnie). 😉

Identification du sentiment qui m’habite : Je me sens envahie, voire agressée par ce geste envers mon enfant. Je suis en colère. J’éprouve un malaise envers cette personne bien intentionnée.

Identification du besoin qui se cache derrière l’émotion : J’ai besoin de m’assurer que mon enfant puisse consentir à ce type de toucher. Or, il n’est pas en âge de s’affirmer, alors c’est à moi de le protéger et d’intervenir. J’ai aussi besoin que mon bébé bénéficie de ce temps de repos, car ses siestes sont bénéfiques pour lui. J’ai besoin qu’il grandisse en intégrant le concept que : “Non, c’est non!” J’ai aussi besoin d’entretenir des rapports harmonieux en société. (Paaaaas facile!)

Formulation de la demande (Hi, là, là, c’est là que ça devient délicat!!!) : “Je vois que vous aimez les cheveux de mon coco? C’est vrai qu’Ils sont beaux, han? Mais n’hésitez pas à demander avant de le caresser, car je connais bien mon enfant et je sais ce qui lui plaît ou non. Bonne journée, là!”

Bon, peut-être que, malgré toute ma chorégraphie intérieure de diplomate, ladite “madame” se sentira mal… Peut-être que c’est correct aussi, qu’elle se sente un peu mal; après tout, elle va s’en remettre!

Et vous, comment faites-vous face à tous ces bisous/câlins de ce monde non sollicités et non désirés?

Pascale

Pssst ! Vous avez lu la BD d’Emma sur le consentement et la culture du viol? Ça fait réfléchir! La voici! Même si on parle de rapports hommes-femmes, ça éclaire sur le genre de message qu’on envoie aux enfants quand on oublie de leur demander s’ils sont d’accord ou non !

Re-pssst ! Vous avez envie d’en connaître davantage sur la communication bienveillante ?  Voici des ressources pour mieux communiquer avec les autres, mais aussi avec nos minis !

  • Les mots sont des fenêtres (ou des murs); Marshall Rosenberg, éditions Jouvence, 2005.
  • Cessez d’être gentil, soyez vrai: Thomas D’Ansembourg, Éditions de l’Homme, 2001.
  • Dénouer les conflits par la Communication Non Violente: Marshall Rosenberg, Éditions Jouvence, 2006.
  • Quand la girafe danse avec le chacal – les quatre temps de la CNV: Serena Rust, Éditions Jouvence, 2008.
  • L’empathie, le pouvoir de l’accueil – au coeur de la CNV: Jean-Philippe Faure et Céline Girardet, Éditions Jouvence, 2003.
  • Être un parent avec son coeur; Inbal Kahstan, Éditions Jouvence, 2006.
  • Éduquer sans punition ni récompense: Jean-Philippe Faure, Éditions Jouvence, 2005.
  • Guide d’entraînement pour apprivoiser son lion; Marianne Dufour, éditions Midi trente, 2017.

Pascale Clavel

Pascale est la maman de « Princesse-Petit-Chat» (4 ans) et de "Bébé-P'tit-Loup-d'Amour". Avant d'être leur maman, elle était enseignante de français et de littérature, mais elle a aussi eu de précieux moments avec les plus petits, à l'école primaire. Les mots et elle, c'est une grande histoire d'amour qui a officiellement pris son envol sur les bancs de l'Université de Montréal, en création littéraire...

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