Être un parent “bienveillant”, ça s’apprend!

enfant cnv

Dernièrement, je vous parlais de charge mentale, un concept qui interpelle plusieurs femmes qui, bien souvent, se sentent exclusivement en charge du bon fonctionnement de la maisonnée, de la vie de famille. Tout planifier, tout gérer, c’est parfois plus stressant que de simplement exécuter ce qu’on nous demande…

J’avais aussi avoué que, quand je me sentais débordée (voire dépassée) par tout ce qu’il y avait à faire, bien, je n’étais pas toujours un exemple de calme et de contrôle dans mes échanges avec mon chéri…

C’est pourquoi je suis plus qu’heureuse de vous parler de la communication bienveillante aujourd’hui! C’était le sujet de la conférence animée par Mélina Deschênes (de l’organisme Noeud) à laquelle j’ai eu la chance d’assister le 24 avril dernier.

La communication bienveillante, c’est une façon de s’exprimer dans le respect. Elle s’appuie grandement sur le concept de la communication non violente (CNV) telle que définie par Marshall Rosenberg.

C’est dans une atmosphère des plus conviviales que Mélina nous a accueillis dans les locaux de la Garderie Maternelle Hibouge et Bilingo.Comme maman parfois débordée, j’avais une mission bien précise en tête… Évidemment, il est plus facile de trouver les bons mots avec nos enfants quand on a un bon huit heures de sommeil par nuit dans le corps!  Bon, réalistement, disons six? Et que dire quand on est sur le point de partir, qu’on a un rendez-vous important, qu’on est pressés? Il me semble que c’est là qu’en pleine séance de broue dans le toupet, on aurait le plus besoin d’outils pour contrôler ce qui sort de notre bouche de parent-paquet-de-nerfs ambulant!

Oui, mais les miracles existent-ils? Pas vraiment, mais on peut quand même s’appuyer sur des principes simples pour faire en sorte que le message passe et que chacun se sente respecté et compris. Encore une fois, c’est une question de besoins! Ahhhh, les fameux besoins. On est presque las d’en entendre parler, mais c’est qu’ils sont plutôt importants puisqu’ils se cachent derrière chacun de nos comportements, paraît-il!

Et comme petit humain en construction, bien, l’enfant ne fait pas exception à la règle. C’est juste qu’il est, disons, un peu maladroit pour les exprimer? Mais si “on se regarde un peu le nombril”, je pense qu’on aurait aussi avantage, comme adultes, à peaufiner l’art de nous brancher sur les nôtres!

Avez-vous remarqué qu’on est plusieurs à ne pas bien les comprendre, nos besoins? On est bien souvent dans la réaction (“il m’énerve”, “je ne suis plus capable”, “quand il ne m’écoute pas, je pompe!”, etc.) O.K. Mais après, on fait quoi? Qu’est-ce que cette colère/agacement/énervement veut dire? Que l’on souhaite simplement que nos enfants ou notre chéri.e nous écoutent? Qu’ils lisent dans nos pensées comme dans un ruisseau limpide bordé de licornes qui s’abreuvent? Il fallait que je remette ça avec les licornes… 😉 Magie!

Eh non! Il faut travailler un peu plus que ça, nous explique Mélina Deschênes! Et elle le fait avec bien plus de “bienveillance” que moi et mon humour douteux  de blogueuse qui a ingéré un peu trop de mauvais café…

Il faut apprivoiser “la bête”, le besoin avec un grand B! Et, si je me fie à nos tentatives de parents un peu fatigués, mais plein de bon vouloir, la partie est loin d’être gagnée! Pourquoi? Bien, personnellement, je ne trouve pas tellement que je suis “habiletée” à ça, moi, identifier mes besoins! Pas dans un monde où on nous demande de produire, d’être efficace, d’aller vite, vite, vite!

Je ne m’en tire pas trop mal pour dire comment je me sens (heureuse, émue, fatiguée, triste, écœurée, sur le bord de la crise de nerfs…),mais ça s’arrête souvent là. Parce que oui, dans la communication non violente, on tente de parler “au je”, on ne fait pas dans l’accusation de l’autre, dans le jugement. On parle de notre petit intérieur à nous, sans quoi, on risque de faire fuir notre interlocuteur et réduire à néant nos chances de communiquer avec lui, puisqu’il se cambrera, inévitablement…

Mais identifier un besoin, un vrai, ça prend un certain temps. Du recul. Et ce n’est pas évident! Mais il faut apprendre à créer de l’espace pour ça, puisque c’est assez essentiel merci, non? Et on est parfois bien meilleurs pour identifier les besoins des autres que ce qui se cache derrière notre vieux drap plein de poussières de mécanismes de défense ou autres trucs qui court-circuitent l’accès à qui l’on est vraiment…

Un exemple? Allons-y simplement! Notre petit Loucas refuse de se mettre à table alors que c’est l’heure de souper? Il veut continuer à “jouer au restaurant” avec ses fruits en plastique dans la salle familiale? Il se lamente devant notre insistance et tape du pied pour démontrer qu’il ne changera pas d’avis?

Probablement que Loucas  est en colère (émotion) parce qu’il a besoin d’un peu de temps à lui, de jeu créatif après une journée stimulante à la garderie (besoin)? Et sa manière d’exprimer son besoin (taper du pied et rouspéter) est maladroite parce qu’il n’a que 4 ans…On pourrait ainsi l’aider à mettre des mots pour exprimer ce qu’il veut afin qu’il intériorise de saines habitudes pour mieux s’exprimer et être à l’écoute de ce qu’il vit.

Et on fait la même chose pour nous, n’est-ce pas! 😉 D’après vous, quel est notre besoin comme parent dans pareille situation? S’assurer que notre enfant mange bien? Passer un bon moment en famille avant la routine du dodo? Je vous laisse cogiter! Et tenter de formuler une demande claire  (dans le non-jugement) au petit Loucas, puisque c’est la dernière étape !

On récapitule? En fait, il s’agit de la méthode OSBM : observation de la situation, identification du sentiment qui m’habite, identification du besoin qui se cache derrière et formulation d’une demande claire (à l’autre) pour combler le besoin! Que. C’est. Beau. 🙂

Comme ma nuit a été courte et que je me sens très enceinte aujourd’hui, je me rends compte que j’ai rédigé un texte beaucoup plus long que je ne l’espérais. Mais, comme Mélina Deschênes le dit si bien encore : “Pour être empathique envers les autres, il faut commencer par l’être avec soi-même et cesser de se juger quand une émotion “moins belle” se pointe! ”

En jargon “bienveillant”, on parle de faire taire notre chacal intérieur… C’est mignon, hein?

Serez-vous des nôtres à la troisième et dernière conférence sur le sommeil qui aura lieu en juin prochain? J’ai hâte de vous en parler!

Pascale

Note : La conférence de Mélina Deschênes de Noeud est une initiative d’Un Autre Blogue de Maman, de Naissance Renaissance Estrie et la Garderie Maternelle Hibouge et Bilingo.

Vous avez envie d’aller plus loin? Voici des petits bijoux de livres pour vous et vos mignons : 

  • Les mots sont des fenêtres (ou des murs); Marshall Rosenberg, éditions Jouvence, 2005.
  • Cessez d’être gentil, soyez vrai: Thomas D’Ansembourg, Éditions de l’Homme, 2001.
  • Dénouer les conflits par la Communication Non Violente: Marshall Rosenberg, Éditions Jouvence, 2006.
  • Quand la girafe danse avec le chacal – les quatre temps de la CNV: Serena Rust, Éditions Jouvence, 2008.
  • L’empathie, le pouvoir de l’accueil – au coeur de la CNV: Jean-Philippe Faure et Céline Girardet, Éditions Jouvence, 2003.
  • être parent avec son coeur; Inbal Kahstan, Éditions Jouvence, 2006.
  • Éduquer sans punition ni récompense: Jean-Philippe Faure, Éditions Jouvence, 2005.
  • Guide d’entrainement pour apprivoiser son lion; Marianne Dufour, éditions Midi trente, 2017. (En collaboration avec la Biblairie GGC!
    livre lion

Pascale Clavel

Détentrice d'un B.A.C.C. en enseignement et d'une maîtrise en littérature française, Pascale Clavel, une fois devenue la maman de Chacha (5 ans) et Loulou (1 an), a fondé ce blogue afin de concilier ses deux plus grandes passions : célébrer le monde de l'enfance à travers les mots...

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Une réflexion sur “Être un parent “bienveillant”, ça s’apprend!

  1. Mamie Danielle dit :

    “Dénouer les conflits par la Communication Non Violente”. Difficile mais faisable si on accepte d’abord de dénouer le conflit. Quand on a confiance en l’autre, conjoint-e, enfants, ami, etc, c’est un bon début. Sinon, ça demande un plus gros effort. Ce que j’essaie de mettre en pratique : désolée​, pardonne-moi, merci, je t’aime. Je parle à la petite fille en moi : “réfléchis ma fille, pardonne-toi ma fille …” C’est un travail quotidien ma foi !

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