Bébé Charles-Edouard et la passion de voyager!

Vendredi dernier, on vous présentait le témoignage à la fois bouleversant et plein de beauté de Kathleen St-Amand, l’une de nos lectrices. Voici la suite de son histoire… Elle nous partage aussi généreusement un super récit de voyage avec sa petite famille. Il y a de quoi être inspirés, je vous le dis! Au risque de me répéter : vous êtes de vrais héros, Kathleen! Et je suis certaine que vous contribuerai à amener un peu de douceur dans le coeur des parents qui ont vécu une expérience semblable à la vôtre… Merci. Encore.

Un texte de Kathleen St-Amand

Le 12 février 2015, notre petite cocotte âgée de 2 ans et 7 mois est devenue un petit ange. Elle avait un syndrome génétique qui la rendait polyhandicapée, mais son décès n’était pas du tout prévu. Elle est partie tout doucement durant son sommeil, sans avertissement. Huit jours plus tard, soit le lendemain de ses funérailles, j’ai accouché de son petit frère. Notre fils a donc, bien malgré lui, vécu l’ensemble de notre deuil avec nous.

Malgré la peine qui nous habitait, nous n’avions pas perdu notre rêve de voyager avec nos enfants. Durant sa courte vie, notre fille nous avait appris la fragilité de la vie et l’importance d’en profiter. Nous savions donc que nous devions continuer à réaliser nos rêves. Ainsi, quand notre fils a eu 4 mois, nous sommes partis 5 semaines en Europe avec lui.

Avant d’avoir des enfants, j’ai entendu à maintes reprises la phrase:  “Profitez-en pour voyager, parce que vous ne pourrez plus le faire quand vous aurez des enfants!”. Eh bien, je peux maintenant affirmer que c’est tout à fait faux!

Voyager avec un petit de quelques mois est, au contraire, extrêmement simple! Charles-Edouard était allaité et ne mangeait pas d’aliments solides. Je pouvais donc le nourrir n’importe où, à n’importe quel moment. Par exemple, à Amsterdam, je l’ai allaité en marchant alors que nous visitions la maison d’Anne Frank. J’ai répété ce genre d’expérience plusieurs fois au cours de notre voyage!

La nuit, Charles-Edouard dormait avec nous. C’était beaucoup plus simple. Lors des siestes, il dormait dans sa poussette alors que nous visitions tranquillement la ville dans laquelle nous nous trouvions. Nous faisions aussi quelques arrêts dans des parcs ou ailleurs pour qu’il puisse se dégourdir et gigoter sur le ventre. Il ne pouvait pas être plus heureux!

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Collioure, France

Lors de ce premier voyage, nous avons débuté notre périple aux Pays-Bas. Ce pays est très bien adapté pour les déplacements avec bébé. Les métros sont dotés d’ascenseurs, ce qui facilite grandement les déplacements en poussette. De plus, comme partout en Europe, il est possible de boire un verre tranquillement dans un pub avec notre bébé! Notre fils nous a aussi servi de « coupe-file » au musée Van Gogh ou à la maison d’Anne Frank pour que nous puissions entrer plus rapidement! Il fallait bien profiter de cet avantage!

Après les Pays-Bas, ce fût la Belgique. Ce pays est aussi très facile à visiter avec un bébé. J’aurais seulement aimé qu’il soit plus vieux pour qu’il puisse goûter aux excellentes gaufres belges! 😉

Par la suite, nous sommes allés dans le sud de la France. Mon mari et moi étions allés en France à plusieurs reprises, mais nous souhaitions y retourner pour rencontrer des familles dont les enfants avaient le même syndrome que notre fille. Ces rencontres ont été très émotives, mais aussi très joyeuses. Nous avions l’impression de rencontrer des gens qui comprenaient exactement ce que nous avions vécu avec notre fille. Nous avions aussi l’impression de voir notre fille à travers leurs enfants. C’était un peu comme si notre fils créait un lien indirect avec sa sœur. En France, il a aussi découvert la plage et la mer, à son grand bonheur!

À cette étape de notre voyage, nous avons loué une voiture. Nous avons alors constaté que le train est beaucoup plus facilitant avec un jeune enfant! En effet, notre fils n’avait pas à être confiné dans un siège d’auto et pouvait être allaité à n’importe quel moment lorsque nous étions en train. Par contre, la voiture nous a permis de nous rendre à des endroits plus difficilement accessibles en train. Nous avons même fait une petite escale à Cadaques, en Espagne. Les paysages étaient magnifiques!

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La mer baltique à Parnu, Estonie

Outre les paysages, voir notre fils se développer chaque jour sous nos yeux était merveilleux. Il aimait regarder partout et sourire à tous ceux qu’il rencontrait! Il réussissait à décrocher un sourire à tous les gens autour de lui, même au gars-super-baraqué-et-qui-faisait-peur dans le métro de Bruxelles! Nous avons aussi eu une invitation pour aller en Israël, venant d’un couple qui voulait devenir ses grands-parents israéliens d’adoption! Il faut dire que notre coco charmait tout le monde! Voyager avec un bébé permet de tisser des liens que nous n’aurions pas créés en voyageant seulement entre adultes.

Parfois, Charles-Edouard troquait son sourire contre un regard un peu embêté! Il nous regardait alors avec l’air de se demander ce qui nous passait par la tête, comme le jour où nous avons pratiquement escaladé une montagne avec sa poussette 3 roues alors que les gens que nous croisions sur notre route nous disaient que c’était complètement impossible! Nous aurions peut-être dû les écouter, car la montée a été très ardue, mais ça c’est une autre histoire!

Je me rappellerai aussi toujours du moment où des amis belges, rencontrés en Grèce l’été précédent, nous avaient emmenés visiter la région de Namur. Alors que nous mangions tranquillement dans une abbaye, Charles-Edouard avait fait un énorme caca explosif sur mes genoux! Mes pantalons en étaient couverts. J’hésitais entre rire et pleurer, mais j’ai finalement décidé de rire, car voyager avec un bébé implique aussi d’être prêts à faire face à ce genre d’imprévus!

Lorsque Charles-Edouard a eu 10 mois, l’envie de voyager est revenu en force et nous sommes donc partis une semaine à Cuba avec mes parents. Voyager avec un coco de 10 mois est un peu plus complexe que voyager avec un bébé de 4 ou 5 mois. Par contre, l’expérience demeure tout autant positive, et ce, malgré les quelques grains de sable ingurgités!

Six mois plus tard, nous sommes repartis 4 semaines en Europe. Cette fois, ce fût la Finlande, l’Estonie, la Lettonie, la Suède et l’Islande. À cet âge, nous avons rapidement réalisé que les moments au parc étaient indispensables pour qu’il puisse se dégourdir. Alors âgé de 16 mois, notre coco marchait et voulait marcher! Heureusement, il y a de très beaux parcs pour les enfants dans ces pays d’Europe du nord.

Comme lors de notre premier voyage, nous avions loué des appartements. Notre fils était vraiment heureux d’explorer chaque nouvel appartement. Nous pouvions aller au resto, mais aussi cuisiner. Notre coco était toujours allaité, mais adorait goûter à tout! Définitivement, les voyages ont développé sa curiosité.

Notre plus belle idée lors de ce dernier voyage : apporter du masking tape! Avec ce merveilleux outil, nous pouvions boucher les prises électriques, bloquer les tiroirs et les armoires et refermer les sacs de céréales ou de biscuits! Nous le recommandons vivement à tous les parents qui voyagent avec un bébé mobile! Le sac-à-dos harnais a aussi été utile pour freiner les envies d’évasion de notre fils dans les lieux achalandés, malgré les regards interrogateurs des gens autour de nous!

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Pingvellir National Park, Islande

Les déplacements en bateaux ont aussi été merveilleux! Nous avons pris un bateau entre Helsinki et Tallinn, puis entre Riga et Stockholm. Nous avions davantage l’impression d’être dans un club med pour enfants que dans un bateau! Charles-Edouard a adoré les aires de jeux, la piscine de balles et les spectacles!

Notre fils a maintenant près de 18 mois. Notre fille est donc décédée depuis 18 mois. Notre deuil évolue, mais notre fille nous manque toujours autant. Je ne crois pas que notre deuil sera complètement terminé un jour. Par contre, nous apprenons à continuer notre chemin tout en apprivoisant son absence. Et ce chemin nous paraît plus beau lorsqu’il est ponctué de voyages et de découvertes en famille…

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Ainsi, malgré son jeune âge, notre fils a déjà 10 pays et 15 vols à son actif. Je sais que plus tard, il ne se souviendra pas des châteaux et des chevaliers de Carcassonne, du Manekin Pis de Bruxelles, des geysers d’Islande ou des palmiers de Cuba… Par contre, je crois fermement que ces voyages où nous passons du temps de qualité en famille et où il est stimulé par une multitude de nouvelles découvertes ne peuvent être que bénéfiques pour lui. Et surtout, je sais qu’il il a la vie devant lui et, peut-être, une passion en devenir pour découvrir le monde!

On vous laisse ici, avec une petite animation-maison que l’on a concoctée avec les magnifiques photos de nos voyageurs passionnés… aux yeux brillants de lumière!

Pascale Clavel

Détentrice d'un B.A.C.C. en enseignement et d'une maîtrise en littérature française, Pascale Clavel, une fois devenue la maman de Chacha (5 ans) et Loulou (1 an), a fondé ce blogue afin de concilier ses deux plus grandes passions : célébrer le monde de l'enfance à travers les mots...

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