Parlez-vous “sexualité” avec vos minis?

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Comme toutes les mères, j’ai dû commencer à parler d’intimité à la maison, de “parties privées”, de différences entre les garçons et les filles, de poils/pas de poils, de petits bouts qui dépassent et de ceux qui se pointeront plus tard, quand ce sera leur tour de se laisser parler d’amour…

Honnêtement, je trouve que j’assure assez bien. Mais j’aurais cru être beaucoup plus à l’aise avec le sujet! Je me déçois quand même un peu et ça m’énerve!

Surtout que, comme enseignante, j’ai déjà répondu à une tonne de “questions gênantes” de ce genre et il me semble que c’était tellement plus simple, tellement plus facile! J’imagine qu’avec les enfants des autres, c’est toujours comme ça: on a cette distance qui permet d’aller droit au but, de ne pas se sentir impliqués… On ne projette pas nos petites bibittes, on ne réveille pas nos zones d’ombre et nos peurs avec la progéniture d’autrui! Rien de bien, bien menaçant à parler “de tout ça” avec détachement… Pfffff…

Mais, avec ma fille, je trouve que, parfois, le malaise ne se fait pas trop prier pour être invité et je n’aime pas cette sensation d’être prise au dépourvu, de ne pas être cette mère toute de zénitude et d’ouverture que j’ai toujours rêvé d’être quand il serait question de quelque chose d’aussi naturel que le corps, cette partie de nous qu’il faut apprendre à bien “habiter”, à dorloter, à écouter…

En fait, ce n’est pas tellement le sujet même qui me déstabilise… C’est, plutôt la pression que je me mets sur les épaules afin de donner une réponse intelligente à la prunelle de mes yeux. J’ai tellement peur de me tromper et, en même temps, je me dis que je dois me faire confiance. Qu’il faut y aller comme je le sens. “Je n’ai qu’à lui dire ce que j’aurais voulu entendre à son âge! Ce n’est pas si compliqué, il me semble!” Garder ça simple. Focaliser sur l’essentiel. Ne pas en dire plus qu’il n’en faut… Être à l’écoute.

Confession : il y a quand même un scénario auquel je n’ai trouvé aucune réponse satisfaisante. Il s’agit du fameux “jeu du docteur” avec les copains, les petits voisins… Si ça arrivait, que devrais-je faire?! Quand j’étais petite, ce genre de “petit jeu de mains”, c’était pratiquement défendu  et les coquins qui se faisaient prendre derrière le cabanon se faisaient passer tout un savon! Autre temps, autres mœurs…

Je sais bien qu’il faut respecter ses valeurs et puis bla-bla-bla, mais… Quelles sont mes valeurs là-dessus?

Parce qu’on sait tous que, la sexualité, c’est assez chargé en émotions et en potentiel de refoulement désagréable, merci, alors comment faire pour que notre petit trésor développe un sain rapport au corps et à tout le reste? Comment intervenir sans qu’il grandisse avec plein d’interdits et de culpabilité inutiles? Parce que tant qu’à aller au marché, mieux vaut choisir ce qu’on met dans “leur” petit panier!

Vous n’avez pas envie d’y penser pour le moment? Vous aimeriez boucher vos oreilles en chantant très fort : “Doo Wah Diddy Diddy Dam Diddy Doo”? Allez-y pendant un petit trois secondes et cliquez sur le  lien. Ce moment de déni vous est gracieusement offert par une personne un peu immature à ses heures et qui vous comprend!

Mais bon, soyons un peu sérieux! Même si ce n’est pas facile à imaginer, un jour viendra où notre petit coco tout mignon qui collectionnait les sauterelles en plastique nous présentera sa première flamme! Et où notre petite peanut en sucre qui avait comme seul véritable amour son doudou Célestin le Lapin  nous chantera les louanges d’un Jacob-Émerick-Victor-Matis (aux traits rebello-angéliques) à qui on aura fait don des plus nobles qualités du monde, et ce, dès la naissance! Ou encore, d’une fille. Pourquoi pas une fille, tiens?

Je sais, je sais, ça voudra dire qu’ils sont devenus grands et que nous, on sera vieux et inutiles…

DOO WHAH DIDDY DIDDY DAM DIDDY DOO!!!

Avant de m’enfoncer plus loin dans le cabotinage, voici donc ce que j’ai déjà planifié comme parent pour “prévenir” plutôt que “guérir” :

1- J’ai déjà préparé une réponse à la question : “Comment on fait les bébés?”. C’est une petite histoire de bisous et de câlins entre un papa et une maman qui s’aiment très fort. Un peu simpliste? Je sais; il faudra adapter le scénario au fil du temps en passant du classement Général à celui de 8 ans et plus et ainsi de suite…

2- Quant à la masturbation qui survient dès le plus jeune âge, j’ai aussi une explication qui me semble O.K. Ça parle d’intimité et de choses qui sont parfaitement correctes à faire, mais qui, parfois, ne doivent être faites que par soi-même et, de préférence, quand on est seul… Faire l’apprentissage de la pudeur quand on a moins de 5 ans, ça a l’air que c’est du sport!

3- Et pour les petits mots mignons qu’on utilise pour parler du pénis (kiki, zizi, bizoune, ti-ami…) de fiston ou de la vulve de fille adorée (tite-fleur, partie privée, bizoune avec un e…), j’ai décidé d’y aller pour la précision et la clarté en appelant un chat un chat! Même si je suis poète à mes heures, je me suis dit que j’explorerais les métaphores ailleurs!

C’est un début, non? Allez, un peu d’encouragements ici, là! 😉

Demain, Naissance-Renaissance Estrie se prononce…

Pascale Clavel

Détentrice d'un B.A.C.C. en enseignement et d'une maîtrise en littérature française, Pascale Clavel, une fois devenue la maman de Chacha (5 ans) et Loulou (1 an), a fondé ce blogue afin de concilier ses deux plus grandes passions : célébrer le monde de l'enfance à travers les mots...

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