Prévenir plutôt que guérir…

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Du 1er au 7 mai, c’était la semaine nationale de la santé mentale. Il y a bien eu quelques publications sur Facebook qui ont circulé, mais je me serais attendue à une présence plus marquée… Probablement parce qu’on ne sait pas trop encore quoi mettre dans ce “grand sac” qu’est la santé mentale. Pourtant, la série  13 Reasons Why présentée sur Netflix a fait couler beaucoup d’encre, notamment en ce qui a trait à la fameuse scène du suicide jugée trop explicite aux yeux de plusieurs experts en la matière…

Démontrer l’horreur, les conséquences dévastatrices pour ceux qui restent, ça secoue. On peut même parler de prise de conscience et ça, il est vrai que c’est parfois nécessaire… On peut toutefois se questionner sur les moyens utilisés… Dans une perspective un peu moins “romancée”, le très récent reportage sur l’anxiété de performance chez les adolescents présenté dans le cadre de l’émission  Remue-Ménage a aussi fait réagir.

“Quoi, nos jeunes sont anxieux? Mais ils l’ont tellement plus facile que nous!”, ai-je entendu de toute part autour de moi lors de discussions animées avec mes comparses, disons, un peu moins jeunes. 😉 Évidemment, il est vrai qu’il peut exister un décalage entre les anciennes générations et la nôtre quant à la perception de la jeunesse qui grouille et qui bat…

Certains trouvent que nous bénéficions d’immenses possibilités en termes d’emploi, de confort, de nouvelles technologies… Et l’éducation qui met au cœur le bien-être des enfants fait parfois sourciller nos aînés… “Tout ce maternage! Mais nous, on n’est pas morts!”

Et si on ajoute à cela les statistiques sur la réussite scolaire jugées peu reluisantes, on est portés à croire que les adolescents d’aujourd’hui manquent d’ardeur à la tâche… Alors comment cela se fait-il qu’ils soient “si stressés”?

Mon expérience d’enseignante m’a appris à me méfier des généralités. Et des déductions trop hâtives…  Et puis, la réussite scolaire est complexe et dépend d’une multitude de facteurs…

Par ailleurs, je crois beaucoup au pouvoir de l’éducation, de la prévention afin d’attaquer un problème de manière efficace. Cela ne veut pas dire que les mesures “d’urgence” prises spécialement pour réagir lorsqu’un enfant en a besoin ne sont pas nécessaires, bien au contraire. Quel soulagement quand il a été question des plans d’intervention pour lutter contre l’intimidation dans les écoles, par exemple!

Mais saviez-vous qu’il existe un programme novateur de promotion de la santé mentale en milieu scolaire, et ce, spécialement conçu pour les élèves du primaire? Et oui, on parle d’intimidation, mais pas seulement de ça. On privilégie plutôt une approche globale servant à outiller les enfants dès le plus jeune âge afin qu’ils développent des mécanismes d’adaptation susceptibles de les accompagner tout au long de leur vie (lorsqu’ils devront faire face à un défi, un problème, une situation nouvelle…)

Oui, je sais; il est encore difficile de parler de santé mentale ouvertement. Ce sujet est malheureusement encore tabou pour certains, mais c’est sûrement parce qu’on l’associe directement à son contraire (la maladie mentale) ainsi qu’à des problématiques sévères, voire, à la folie… Un mot qui fait peur.

Toutefois, lorsque j’ai pris connaissance du matériel didactique des programmes “Les amis de Zippy” et “Passeport: S’équiper pour la vie” spécialement conçus pour nos enfants par le CRISE (Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie de l’UQAM), rien de tel ne m’est venu en tête. J’ai plutôt constaté qu’on parlait tout simplement de la faculté d’être heureux et bien dans sa peau!

Oui, mais, concrètement, en quoi consiste ces programmes? Étant donné que tous deux s’appuient sur les mêmes principes fondamentaux, j’ai eu envie de me concentrer davantage sur le petit dernier, soit le programme “Passeport : S’équiper pour la vie” qui s’adresse aux enfants de 9 à 11 ans. Son but? Mieux préparer nos plus vieux aux défis rencontrés à l’adolescence. Eh oui, la grosse méchante adolescence, synonyme de tant de changements, de bouillonnement intérieur et, parfois, de tourmente.

Entête FR mars 2017

En tout et partout, le programme a été divisé en 5 modules :

  1. les émotions
  2. les relations avec les autres et l’entraide
  3. les situations difficiles
  4. la justice, l’équité et l’égalité
  5. les changements et les deuils

À lire également : Être un parent bienveillant, ça s’apprend!

Chers parents, chers enseignants, ça vous parle, n’est-ce pas? Et adieu le malaise quand on aborde des choses aussi concrètes afin de préparer nos jeunes à un meilleur avenir, voire, à une meilleure vie!

Comment ça se passe? Le tout se déroule sous la forme d’ateliers et de discussions. On distribue aux enfants du matériel telles que des histoires et des B.D. On leur présente des personnages auxquels ils peuvent s’identifier, mais aussi d’autres appartenant à un univers fantastique (dragons, cyclope, farfadets, licornes, ogres, gnomes, etc.) dans le but de capter leur intérêt et, j’imagine, de créer une expérience de type cathartique en instaurant une certaine distance.

Personnages

Les bienfaits? Il y en a plusieurs! Le programme “Les amis de Zippy” s’adressant au premier cycle du primaire a d’ailleurs fait ses preuves dans plus de 30 pays! Mais, si je me permets d’en nommer quelques-uns en vrac, on parle d’un meilleur climat de classe, du développement de l’empathie, de la réduction de la violence et des conflits et même de cette fameuse réussite scolaire…

2règlesVous vous sentez interpellés? Vous êtes enseignants et souhaitez que ces programmes soient implantés dans votre école? Voici comment faire :

Il suffit de contacter madame Lorraine Millette (CRISE UQAM) au crise@uqam.ca ou au 514-987-4832. Vous pouvez aussi les suivre sur Facebook!

Et si, tout comme moi, vous avez trouvé là une cause qui vous tient vraiment à cœur, vous pouvez soutenir les activités du CRISE (conduites à des fins non lucratives) ainsi que les programmes dont il a été question :

  1. en remplissant le formulaire de dons en ligne de la Fondation UQAM 
  2. ou en consultant la section Contribuer sur le site du programme “Passeport : S’équiper pour la vie”.

Note : Selon les statistiques qui m’on été fournies par le CRISE, “un Canadien sur cinq serait affecté par un trouble de santé mentale au cours de sa vie. Les statistiques révèlent aussi que les Canadiens de 15 à 24 ans sont le groupe d’âge le plus touché par la dépression et que 22 % des 13- 18 ans ont pensé au suicide dans la dernière année.”

Un immense merci au CRISE de nous avoir fait connaître leurs activités, mais également de nous avoir soutenus lors de la rédaction de cet article.

Pascale Clavel

Détentrice d'un B.A.C.C. en enseignement et d'une maîtrise en littérature française, Pascale Clavel, une fois devenue la maman de Chacha (5 ans) et Loulou (1 an), a fondé ce blogue afin de concilier ses deux plus grandes passions : célébrer le monde de l'enfance à travers les mots...

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