Les vacances : angoisse ou plaisir?

Par Josée Godbout de Drive Leadership and Coaching

Nous sommes au début du mois de juin.

Les vacances s’en viennent. Qu’allons-nous faire de ces vacances d’été?

Est-ce que les vacances vous angoissent ou vous réjouissent?

  • Est-ce que vous avez fait la liste de TOUTES les tâches domestiques que vous aimeriez entreprendre et des améliorations à faire dans votre environnement de vie?
  • Est-ce que vous avez déjà en tête tous les amis avec qui vous voulez faire des BBQ pour rattraper le temps que vous n’avez pas eu avec eux dans les derniers mois?
  • Êtes-vous de ceux pour qui les vacances se planifient un an à l’avance, et vous savez déjà TOUT ce que vous allez faire dans les moindres détails?

Ou…

  • Êtes-vous plutôt du genre à ne rien vouloir prévoir et à prendre vos vacances quand bon vous semble, sans mettre quoi que ce soit à l’agenda. Vous le faites seulement quelques jours avant l’événement souhaité, ou même la journée même?

Peu importe votre style, l’été ne dure pas très longtemps et vous prendrez sans aucun doute des moments pour profiter du beau temps.

Mais… le ferez-vous en pleine conscience et plein choix?

Pour ma part, mon style de planification de vacances varie.

Certaines années, je planifie au quart de tour et les dates disponibles dans l’agenda pour improviser sont rares. D’autres années, rien n’est au programme avant début juin, et tout d’un coup, tout plein d’opportunités se présentent et le calendrier se remplit.

Mais est-ce qu’il se remplit avec ce qui a réellement du sens pour moi ou simplement parce que je prends ce qui se présente sans vraiment réfléchir… 😉

Voici quelques réflexions à faire à l’approche de ce temps (que la plupart d’entre nous souhaiteraient voir durer plus longtemps… et que certains redoutent).

SENS ET VACANCES

J’entends bien des gens raconter qu’ils prennent des vacances à des dates qui ne leur conviennent pas, dans des endroits qu’ils n’ont pas réellement envie de visiter, avec des gens qu’ils n’ont pas vraiment envie de voir.

Hum… ça vous semble fou?

Et bien c’est plus fréquent que vous ne le pensez!!!

Pourriez-vous prendre le temps de vous demander ce que vous avez VRAIMENT envie de faire durant ce temps qui devrait normalement servir à vous ressourcer?

Si une grande partie de vos vacances est DÉJÀ planifiée, à quoi voudriez-vous consacrer les moments où rien n’est encore prévu?

Si votre conjoint ou votre conjointe a tendance à tout prévoir, se sentir si organisé peut parfois ne pas être en équilibre avec ce que vous souhaiteriez. Si c’est votre cas, peut-être pourriez-vous prévoir une discussion avec cette personne chère à votre cœur pour lui partager ce qui aurait du sens pour vous et ce qui rendrait vos vacances plus satisfaisantes? Ça éviterait ces frustrations que vous connaissez probablement déjà… et permettrait peut-être de souhaiter moins rapidement le retour au travail…

Il m’est arrivé à quelques reprises au fil des années, de glisser dans des vacances qui plaisaient plus à mon partenaire qu’à moi-même pour me rendre compte au retour, que je n’avais pas fait ce qui m’aurait profondément nourrie, et que la seule personne à blâmer pour cet état des choses, c’était moi-même. Parce que je ne m’étais pas demandé ce que je voulais réellement faire de ce temps d’arrêt, et parce que j’avais glissé, par habitude, dans des activités certes fort agréables, mais qui ne répondaient pas pleinement à mes besoins à ce moment.

Donc :

Étape 1 : Me poser la question.

Étape 2 : Le nommer à mon partenaire.

LE DEVOIR D’EN PROFITER!

Un autre symptôme fréquent des vacances, c’est la pression de performer, ENCORE!

Il faut que nous réussissions à TOUT faire durant ce court laps de temps, à avoir une liste d’accomplissements énorme :

  • lieux visités
  • gens rencontrés
  • tâches accomplies
  • repos au bord du lac savouré
  • rénovations faites
  • famille invitée

et j’en passe…

Juste à rédiger cette liste, je ne vois pas le lien entre toute cette pression et le concept des « vacances » !

Bon. Chacun ses choix, et j’ai moi-même déjà fait partie de ces « vacanciers trop occupés pour se reposer ».

Il m’arrive encore de faire des listes trop longues pour le temps que j’ai devant moi, vacances ou pas. Donc je comprends très bien le piège.

Ici, la solution potentielle est peut-être de prioriser comme on le fait avec tout autre projet.

Lesquels sont réellement indispensables?

  • Est-ce que je veux faire toutes ces choses par intérêt réel ou par peur du vide?
  • Est-ce que j’essaie de réussir mes vacances comme j’essaie de réussir un projet?
  • Est-ce que j’ai peur de ne rien avoir à raconter à mon retour de vacances?
  • Est-ce que j’ai plutôt envie de pouvoir placarder ma page Facebook des plus belles photos de voyages comme si je participais à un concours?

En creusant un peu, on établit et on accepte la mission qu’on choisit d’accorder à cette période importante dans notre année.

ANGOISSE DES VACANCES

Encore dans bien des ménages, les femmes sont celles qui planifient davantage les multiples obligations et activités de la famille, et donc qui trimbalent le stress qui y est associé.

Quand les vacances d’été arrivent, elles doivent prévoir l’endroit où aller, les vêtements à apporter pour les enfants, les menus, le gardiennage du chien, les achats et locations, etc. Et quand il s’agit de camping, on ajoute à la liste tout ce qui doit être prévu, lavé, réparé, etc.

Tout ce stress a pour conséquence que la personne qui a pris tout ça en charge arrive fatiguée, même parfois épuisée.

Si vous avez tendance à avoir le syndrome du sauveur, même au cœur des vacances, permettez-vous de vous demander si vous pourriez en laisser aux autres (et faire la paix avec le fait qu’il se peut que ce ne soit pas totalement à votre goût… et puis après?!).

Une autre facette de l’angoisse des vacances est pour ceux et celles qui sont récemment célibataires, ou qui ont perdu un conjoint ou un emploi, qui vivent maintenant dans une maison sans enfant(s), ou qui composent avec tout autre changement majeur.

Cette période d’arrêt pourrait alors vouloir dire : du temps pour penser… Quoi?! Oh noooon!!

Cette sorte d’angoisse du vide est remplie et camouflée par le travail. Normal d’avoir le vertige quand on a peur d’arrêter, d’être confronté à des souffrances ou des réalités que nous ne sommes pas prêts affronter, ni équipés pour le faire.

Pour ces personnes, les vacances sont synonyme de vide, de solitude, même parfois de dévalorisation.

Si c’est votre cas, pourquoi ne pas chercher des références de bons livres à lire, de festivals, d’ateliers de développement personnel durant lesquels vous pourriez justement regarder tout ça, tout en étant accompagné?

Ou encore faire la liste de toutes ces choses que vous souhaiteriez faire avant de mourir (bien oui!), et les placer doucement, une à la fois, dans ces cases du calendrier qui vous causent tant d’angoisse.

Attention : Osez demander de l’aide pour vous accompagner dans cette démarche, et éviter de ne pas tomber dans l’excès de la sur-planification et de la pression par contre…

VACANCES ET ABSENCE

  • Suis-je vraiment présente… ou suis-je connectée à mon cellulaire?

J’ai constaté l’an passé en camping avec ma fille, que bien des parents utilisaient leur cellulaire, ou leur tablette, pendant que les enfants s’amusaient dans l’eau, sur la plage ou avec leur vélo.

Ils répondaient de vagues « mmm…., oui… ah bravo…. »  Mais sans même lever la tête. Ou en la levant deux secondes pour faire un bref sourire plastique et pas sincère du tout. J’ai tenté fort de ne pas sombrer dans le jugement hâtif, mais ma tête, elle turlupinait.

Où est la place pour la complicité parents-enfants?

Ou même la complicité entre conjoints?

Si vous en êtes à cette étape de « présentéisme » dans vos vacances, c’est que vous n’avez pas pris le temps de vous poser les bonnes questions, ou que vous n’avez pas osé nommer ce qui vous ferait VRAIMENT du bien.

Si vous avez besoin de décrocher et que ces écrans sont votre façon favorite de le faire, osez le dire et allouez-vous une période de temps déterminée et communiquée à vos proches. Comme ça, ils savent que vous êtes conscients de ne pas être totalement « là », et ils savent aussi qu’il y a une fin à cette « absence ».

C’est soulageant pour vous, et rassurant pour eux.

Arrêtez de jouer à l’autruche! Tout le monde le sait. Assumez-le! 😉

Et faites aussi le choix de ces moments où vous souhaitez être pleinement présents pour eux ET pour vous, en même temps.

Vous risquez de re-découvrir des aspects des vacances que vous aviez oubliés… Et peut-être que vous pourriez aussi vous demander : quel souvenir de ces vacances voulez-vous créer? Votre temps sur les réseaux sociaux, ou celui de qualité avec ceux que vous aimez et qui comme vous, ne sont pas éternels…

ATTENTES DÉMESURÉES et ESSOUFFLEMENT ASSURÉ!

On pense que, durant ces vacances, nous allons faire les MEILLEURES photos, et passons la majorité de nos vacances derrière l’objectif ou la caméra… sans être à vraiment vivre le moment. On demande à nos enfants de poser, à notre conjoint de sourire, d’attendre, de reprendre la pose… et le moment magique devient doucement amer…

Ou encore, on espère pouvoir avoir la MEILLEURE des températures. Et si ça n’arrive pas, et bien nos vacances sont « à l’eau » dans tous les sens du terme! Et on pourrit la vie de notre entourage par notre déception, notre découragement, notre négativisme que l’on cache sous le mot « réalisme ».

Ou alors on prévoit un trajet et un horaire pour que nous puissions voir et faire tout-tout-TOUT ce qui se trouve dans la région visitée. Et si nous prenons du retard sur cet horaire, nous sommes déçus et pourrions même blâmer nos proches de ne pas aller assez vite et de ne pas savoir saisir l’opportunité d’être là!

Et nous, durant ce sprint vers les meilleures vacances, sommes-nous vraiment dans le moment, ou dans le futur de pouvoir célébrer ces merveilleuses vacances basées sur le plus, le mieux, le plein avec, pour conséquence potentielle, de revenir fatiguée, frustrée et déçue?

Si votre mode de vacances ressemble à celui-ci, revoyez vos attentes, écrivez-les, et encerclez ce qui est réellement prioritaire. Comme ça vous allez déjà pouvoir gérer vos attentes dès le départ, et diminuer l’essoufflement potentiel et la déception.

Préparer son retour

Avant de partir du boulot, assurez-vous d’avoir fait deux listes :

  1. Celle de ce que vous devez ABSOLUMENT faire avant votre départ.
  2. Celle de ce qui aiderait à faciliter votre retour.
    • Cette liste est en général négligée. Et c’est celle qui vous permet de ne pas crouler sous le poids des piles qui se sont accumulées durant votre absence. Sur cette liste, il y aurait avantage à y avoir une partie de choses que vous pouvez déléguer durant votre absence. Vous n’avez pas d’employés? Trouvez des collègues ou collaborateurs qui pourraient vouloir faire le suivi de certains dossiers ou projets durant votre absence. En spécifiant vos attentes précises et en proposant de faire la même chose pour eux lors de leurs propres vacances.
  1. Idéalement, prévoir le dernier weekend pour « revenir » dans tous les sens du terme. Revenir le dimanche soir si vous reprenez le lundi, c’est un peu risqué.
    • Prévoir un temps de post-mortem avec la famille pour voir ce que vous avez aimé, les moments forts (pour les revivre ensemble et ainsi tracer des chemins neuronaux de bonheur et de complicité!) Incluez aussi dans ce post mortem les moments que vous avez le moins aimé, pourquoi, et ce que vous auriez fait autrement avec des suggestions d’amélioration pour une prochaine fois.
    • Prévoir un temps logistique de ménage, de lavage, de remise en place, de reprise de la routine du travail/école, etc. (Cette étape est souvent assez facile à mettre dans l’agenda. ET elle ne doit pas être la seule tâche prévue au détriment des autres sphères de vie…
    • Planifier un temps pour ré-ouvrir l’agenda, AVANT dimanche 21 h. Souvent quand on ne veut pas revenir au travail, on attend à la dernière minute pour aller voir ce qui se pointe à l’horaire pour le lundi. Si vous avez un meeting et que certaines choses doivent être lues ou écrites, peut-être que d’ouvrir l’agenda le samedi matin, pour 5 minutes, peut être gagnant. En même temps, si vous n’avez pas réussi à décrocher de vos courriels ou votre agenda durant les vacances, je vous suggère de ne pas regarder l’agenda pendant ce dernier weekend. De toute façon, vous savez déjà ce qui vous attend lundi ! 😉
  1. Prévoyez-vous un rendez-vous avec vous-même durant ce weekend de retour. Un temps de lecture ou de trempage dans le bain, et annoncez-le à votre famille AVANT de partir! Comme ça, pas de possibilités de laisser tomber, ou de culpabilité. Et s’il reste quelques petits trucs à faire, dites-vous aussi que VOUS comptez autant (sinon plus…) que ces petites choses qui n’auront pas été faites à la perfection!

Pour aller plus loin dans la planification et surtout dans la prise de conscience du comment vous voulez vivre cette période, n’hésitez pas à demander de l’aide en en parlant à un professionnel, car oui, cela peut être un sujet d’angoisse ou de malaise…

Permettez-vous de vivre vos vacances autrement, consciemment, et légèrement!

Josée Godbout

Josée est maman monoparentale d’une jeune fille de 9 ans. Elle a fondé Drive Leadership & Coaching il y a maintenant plus de 11 ans et elle accompagne des individus et des entreprises vers une plus grande conscience de leur impact. Coach exécutive, elle intervient auprès de dirigeants, gestionnaires, entrepreneurs et contribue à ce que les actions des entreprises ou des individus soient en cohérence avec l’âme de l’entreprise. Josée est une femme dynamique pour qui l’être humain et ses dynamiques est une passion profonde. Elle s’implique pour la paix, entre autre, et adore accompagner des mamans en affaires ou des mères professionnelles vers un meilleur équilibre, peu importe ce qu’il veut dire pour elles. Elle a aussi appris à gérer tout ça en même temps que de gérer un TDA(H) qui amène parfois des défis et même des événements cocasses !!! Elle nous en parlera assurément dans un article sous peu…
Josée Godbout

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