On ne parle pas aux étrangers!

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“Il ne faut pas parler aux gens qu’on ne connaît pas!”, que me disaient mes parents.

Combien de fois avons-nous entendu cette phrase lorsqu’on était enfants?

Tranche de vie : Dimanche matin. On est au resto. La salle est grouillante de monde et de « bruncheux » tardifs. Un papi gentil voit un petit garçon qui passe à côté de sa table et lui dit bonjour avec un sourire que seuls les papis gentils sont capables de faire… Le petit gars s’arrête, fige pendant une grosse seconde et quart et va se coller aux jambes de sa mère.

“C’est parce qu’il n’a pas le droit de parler aux étrangers…”, que ladite mère explique au papi gentil, comme pour s’excuser. “C’est plus prudent!”, qu’elle ajoute.

Et vous, que dites-vous à vos enfants? Que leur conseillez-vous d’adopter  comme comportement face “au monde qu’ils ne connaissent pas”?

De mon côté, j’avoue être un peu embêtée… Surtout quand vient le temps de définir ce que c’est, “un étranger”!

Est-ce que c’est seulement le type louche avec un petit chien cute ou des bonbons qui te demande de monter dans son auto ou est-ce que ça inclut tous les visages inconnus? Hummm…

Est-ce que ça implique les interactions, les bye-bye et les coucous de connivence des autres grandes personnes qui ne peuvent réprimer un geste d’affection devant la bouille trop mignonne de notre progéniture alors que nous sommes présents?

Je suppose que non. Mais les nuances, ce n’est pas toujours facile à expliquer à un tout-petit… À ce sujet, j’aime beaucoup ce qu’en dit enfantsportesdisparus.ca… À savoir que la figure de l’étranger telle que se la représente l’enfant n’a rien à voir avec la réalité! Ils imaginent un monsieur “pas fin”, un “méchant” qui s’affiche clairement comme tel et qui est facilement identifiable, alors qu’il n’en est rien…

La semaine dernière, je vous avais parlé du nouveau livre d’Heather Shumaker, It’s O.K. to go up the slide. Cette mère de famille américaine  revisite les grands principes éducatifs que l’on croyait bons pour nos enfants en nous proposant d’autres avenues qui misent davantage sur l’autonomie et la prise de risques calculés.

Inutile de vous mentionner que la madame est CONTRE le fait d’interdire à nos enfants de parler aux étrangers! Pourquoi? Tout simplement parce que, la plupart du temps, les gens que l’on ne connaît pas peuvent nous aider en cas de besoin! Et puis, pour tout ce qui concerne les scénarios d’enlèvement ou d’abus (notre pire cauchemar), bien, dans 80 % des cas, il s’agit d’un individu connu de l’enfant, d’une personne qu’il côtoie assez fréquemment et qui fait partie de son entourage…

Ouin. C’est vrai, mais… Il y a tellement d’histoires sordides qui font ultra peur, alors… Cette belle théorie, c’est bien beau, mais, quand vient le temps de passer à l’action, ce n’est pas l’envie qui manque de cocher la case “risque zéro” sur notre petit carton mental!

Mon questionnement sur les étrangers m’a amenée à réfléchir sur autre chose : à quel âge doit-on permettre à son coco-d’amour-trésor-de-sa-vie d’aller seul au terrain de jeu du quartier? Ou de rester seul à la maison? La néophyte en moi et l’angoissée chronique auraient envie de hurler : “JAMAIS!”, sur-le-champ!

Même si je sais bien qu’il va falloir que je me penche sérieusement sur la question et que j’apprenne à pupuce à être assez confiante, à voler de ses propres ailes et puis bla, bla, bla…

J’imagine qu’on procède par étapes, un peu comme quand on apprend à traverser la rue pour la première fois.

Étape 1 : Je traverse en tenant la main de maman (la fatigante-qui-ne-veut-pas-me-laisser-faire tout-seul!).

Étape 2 : Je traverse avec maman sans lui tenir la main (encore la fatigante, mais, au moins…).

Étape 3 : Je regarde de chaque côté, comme on me l’a montré et je traverse tout seul (sous le regard attentif de maman. Ben voyons, elle est encore là, elle?!!).

Étape 4 : Je vais chez mes amis tout seul, parce que je suis assez grand pour traverser la rue! (Bye, bye, la fatigante!).

Vous voyez! Je ne suis pas si mère-poule que ça! Enfin, ça dépend des jours… et des nouvelles du soir… ou de ce qu’on publie dans les journaux… ou de ce qui “poppe” comme monstruosités sur mon fil d’actualités Facebook… J’exagère à peine.

Elyse, dis-moi tout! C’est un sujet qui nous concerne tous et on n’a aucune envie de patauger dans le gris quand il est question de sécurité! Si tu as des ressources, des lectures ou tout simplement un avis (je suis pour la confrontation des idées avant de statuer!), c’est le moment!

Pascale xx

 

Pascale Clavel

Pascale est la maman de « Princesse-Petit-Chat» (4 ans) et de "Bébé-P'tit-Loup-d'Amour". Avant d'être leur maman, elle était enseignante de français et de littérature, mais elle a aussi eu de précieux moments avec les plus petits, à l'école primaire. Les mots et elle, c'est une grande histoire d'amour qui a officiellement pris son envol sur les bancs de l'Université de Montréal, en création littéraire...

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